Antéchrista ou l’antichrist féminin est ce personnage stupidement maladif, profondément narcissique, machiavéliquement doué et adroitement manipulateur tout droit nait de l’imaginaire excentrique d’Amélie Nothomb. Ce mélange subtilement malaxé et rédigé d’un style décidément     « nothombien » vous happe naturellement dans un nuage de curiosité dont vous deviendrez esclave, le temps d’une lecture.

Antéchrista où la mythomanie poussée à l’extrême d’une adolescente profiteuse racontée par sa victime « blanche » qui subit et s’indigne en silence, se lit en une gorgée unique, d’une traite orpheline.

J’ai rarement ressentie l’angoisse de finir un roman préludant de l’imminence du tombant (non pas sous marin) mais le tombant abrupte de la défervescence intellectuelle, et c’est exactement ce qu’antéchrista vous réserve.

Fâcheusement, on découvre une fin de plume quelque peu platonique. Une sortie de crise pas assez éludée, à cela près que la blanche victime en sort forte d’un événement publique qui deviendra identitaire.

Ce roman témoigne à lui seul de l’archée nothobienne (pour reprendre le mot préféré de l’héroïne Blanche). Il ne serait être le désespoir du peintre de ses lecteurs (pour reprendre le mot préféré de l’anti-héroïne Christa).

Pour cette lecture facile attendez-vous à arborer des sourires voire des rire. Attendez-vous à relire des bouts de phrases pour les apprécier encore et toujours. Et armez-vous d’un dictionnaire et d’un vieux HB 12 pour noter les rares mots inconnus de votre répertoire (que vous reconnaitrez facilement) et qu’Amélie (grande dévoreuse de livre) affectionne tant à utiliser dans ces propres romans.

Fallait-il encore résumer et dire que c’est un excellent roman, à lire absolument ?!

DNR

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