Kugelschreiber blog

03 mars 2019

Liberté

Pour cet exercice, les deux vers de Hugo donnent le tempo. A quelle sauce sera concoctée la suite du voyage ?

Demain, dès l'aube,
À l'heure où blanchit la campagne, 
Je prendrai ma monture, 
Plus que la pitance vouée à fondre, 
J’emporterai quelques joyaux,
A jamais logés dans mes entrailles, 
Glanés l’hiver à la sueur et aux larmes, 
Puisés l’été dans la sérénité et les joies.
J’arpenterai ton chemin, 
Toi la terre rouge qui hèle le passant,
Au son sibyllin des cordes.
Chemin, gare aux ergots qui te survoleront, 
Sur les feuilles d’automne qui te cachent,
Tantôt au pas, tantôt au galop.
Je partirai à l’aventure.
Je tâterai l’inconnu destin.
S’il me sied je l’embrasserai, 
Et je l’entrainerai de ta dense forêt, 
Vers l’horizon bleu sans bords,
Là où iode et le sel tannent le cheveu,
Là où le lagon offre sa beauté,
Là où l’horizon abolit les limites,
Là où la liberté habite,
Tous les recoins de mon âtmâ.
 

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25 janvier 2019

Gourmandise antique

Le texte suivant répond au défi de décrire une nature morte en y incluant les 5 mots écrits en gras. Je vous souhaite une bonne imagination.

 

Sur une généreuse table de banquet porphyre

S’étalait la richesse des hôtes du soir

Une nappe chiffonnée par des éphèbes ivres

Dévoilait le rouge moucheté de la roche d’un autre Vésuve

Accompagnant les amphores de vin miellé

Chaires porcine et blanche sont éventrées 

Et autant de miches de pains émiettées par les gloutons

Venus célébrer la victoire éleuthérienne du carpe diem.

 

DNR

 

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Le meilleur ami de "merci" est "beaucoup" (Michel Bouthot) 

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18 octobre 2018

Le groupe de parole

Le texte qui suit est une réponse à un défi d'écriture. Les mots suivants doivent figurer dans le texte : Ciel, amour, chanter, rose, arme, froid, pluie, souvenir, balançoire, eau, pouvoir, silence, grotte, avenir, sang et trahison.

La séance était presque finie. Les cinq participants s’écoutaient bibliquement plus qu’ils ne se reluquaient. Regards fuyants, la seule à les fixer constamment étaient Joanna, la psychothérapeute du groupe de parole.

Bob, bâti comme un bûcheron prit la parole : « Je suis hanté par un souvenir. Celui d’un jour froid, où la pluie battait furieusement le sol. Dehors une fillette qui chantait un air sur ma balançoire. Mes parents m’avaient dévisagés d’un air à la fois inquiet, pour mon paternel, et bienveillant pour ma mère. Visiblement, le spectacle que je leur désignais leur était invisible. S’en suivirent deux décennies d’entretiens, de séjours et de pilules tantôt jaunes tantôt roses voir bicolores. J’ai fini par me persuader que j’avais le pouvoir de faire disparaître ce songe de ma vie. Aujourd’hui je vous avoue un secret. Je continue à voir cette fillette partout. Dans le métro, devant ce gymnase et même dans ma buanderie. Elle babille toujours le même air apaisant. Je suis fou. Je le sais. Je vis avec. Et alors ? Qu’on me fiche la paix." Puis le costaud bonhomme fondit en larmes.

Un silence de cimetière s’abattit sur la salle. Joanna s’empressa de le meubler par son truchement « L’avenir est serein quand on s’accepte »

Chris pris la parole. Un peu hipster et fluet, c’était le nouveau arrivant du groupe. « Je suis interniste et philosophe. J'ai passé beaucoup de temps dans les mouroirs et les couloirs de pédiatrie et de dermatologie. Un jour, je me suis mis à converser avec le ciel d'amour et de philanthropie. Mes collègues psychiatres m’ont alors diagnostiqué un délire schizophrénique mystique. Ne sachant plus à quel saint se vouer, j'ai décidé de parcourir les mers. C'est ainsi que j'ai appris à surfer sur les eaux des vagues. Puis la maladie me rappela. Mes anciennes scarifications se couvrirent de sang. Rappatrié en métropole, les hématologues m’ont diagnostiqué une hémophilie intermittente tardive digne d'un case report. Je pense que tout cela est lié à ma naissance. Oui, oui ! Le bled où je suis né n’était pas médicalisé à l'époque. Ma mère m'a mise au monde dans une grotte et depuis un corpuscule obscur a essayé de me tuer pour des raisons politiques. Aussi je .. »

Brusquement dans un vacarme inattendu, des agents de police armés jusqu’aux dents s’engouffrèrent brutalement dans le gymnase. Ils plaquèrent Chris au sol comme s’ils avaient affaire à un dangereux parrain de la mafia. Menotté, on releva le trentenaire chevelu qui sans s’époumoner déclara sereinement au cénacle : « Qui parmi vous est l'auteur de cette trahison ? »

Le groupe, crédule, regardait persuadé que ce petit nouveau était plus fou qu’eux tous réunis. Qu'un groupe de parole c'était light pour son cas. Joanna avait un doute. Un doute qui l’habite encore à ce jour. Quant à Chris, il disparut à jamais. Sauf dans les esprits qui consentent à en être la demeure.

DNR

 

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Le meilleur ami de "merci" est "beaucoup" (Michel Bouthot)

 

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13 octobre 2018

La bagarre de chipies

Le texte qui suit est une réponse à un défi d’écriture. Deux enfants de huit ans se chamaillent. Les mots suivants doivent figurer dans le texte : affreux, balle, choux, dindon, éternuer, ficelle, grand, hibou, idiot, jungle, képi et luminaire.

Emma et Sophie, éternelles ennemies, s’étaient tenues toute la soirée durant, poliment comme l’exige la présence d’adultes. Maintenant qu’elles étaient au sein du huis clos de la chambre, en présence des grandes copines, les freins étaient levés. La pyjama party chez Emma était l’occasion de prolonger la joute juvénile de la récréation. 

« Qu’est-ce qu’il est affreux ton pyjama » Lança Sophie d’un ton de dégout à Emma. Les hostilités étaient ainsi lancées devant une horde de fillettes excitées, visiblement ravies du spectacle débutant. 

« Tu t’es vue dans ton short boudiné ? Tu ressembles plus à un dindon qu’à une girafe Sophie »  Rétorqua Emma rictus au lèvres. Ce phrasé accusatoire récolta une salve de rires approbateurs de l’assistance.

Moue aux lèvres, ne sachant plus à quelle famille d’animaux elle appartenait, Sophie envisagea désormais d’attaquer Mme Schneider « Je ne viendrai plus jamais dormir chez toi pour bouffer des choux qui puent ! Dégueulasse ! »

Les autres filles grimaçaient d’aversion à l’idée de se remémorer le supplice de la choucroute qu’elles avaient dû avaler il y a une heure par politesse. Un beurk collectif semblait approuver l’attaque cuninaire.

Le capital sympathie de l’hôtesse prenait un sérieux coup avec cette remarque matricide. Emma devait jouer là sa balle de match. Faisant semblant d’éternuer ... Atchoum ! … Elle cracha ses bronches avec une rare énergie sur le sweet pailleté de son invitée. Sacrilège volontaire sur l’article de mode ! (Parait-il que les filles adorent le glitter et le rose).

« Oh que je suis idiote ! ça m’a échappé » s’excusa faussement Emma. 

Au bord des larmes, et à une ficelle de la crise de nerfs, Sophie rassembla en elle toute la haine humaine que pouvait contenir son corps obèse. Et chiche ! Choppa le képi de tonton Gérard dont « nous bassine la pestiférée tous les jours à l’école ». La petite dodue s’assit dessus de tout ce poids qu’on lui reproche. Aplatie comme une limande, Sophie avait là sa revanche. Repue de satisfaction, elle arborait le sourire radieux du victorieux.

Catastrophée, Emma sauta sur les cheveux longs de sa visiteuse. La prise étant aisée. Elle tirait de toutes ses forces sur le cuir chevelu de sa monture improvisée. L’adversaire la renversa au sol, puis commença à la griffer. Le combat à mains nues commença. «  Grosse truie » … « Face de hibou » … « Tête de rat » … Et l’inventaire animalier se poursuivit …

Les autres filles profitèrent de la bagarre pour laisser libre cours à leurs envies destructrices. Elles commencèrent par saccager le luminaire en plumes blanches qui surplombait outrageusement le lit XXL d’Emma. Puis s’attaquèrent au reste de la chambre pour détruire tout ce qui attisait, de prés ou de loin, leurs jalousies. La chambre avait fini par ressembler à une jungle. 

Les chipies savaient qu'elles allaient dormir du sommeil du juste cette nuit là. Elles avaient enfin extériorisé par ces actes leurs porfonde pensée envers leur meneuse de troupe. « On te hait Emma ! Depuis toujours » scandaient les jeunes vandales autrement que par des mots. Le vacarme continua ...Boum … Badaboum … « Mais que se passe-t-il ici ? » Cria Mme Schneider ayant ouvert la porte ? « C’est sans doute les gaz des choux qui oeuvrent » rétorqua celle qui passait par là : mamy Ginette, 97 ans, cannes quatre vitesses, et encore quelques moments de lucidité. 

 

DNR

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Point positif : Esthétique, j'adore.

Points à résoudre : Comment dépoussiérer ce nid à dust bien comme il faut ? Et comment éviter la frustration féline devant une telle proie statique inaccessible ?

 

 

 

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03 octobre 2018

Rimes volatiles

Ara déjà roupille,

Cachant ainsi ses pupilles,

Eteignant les étoupille.

Mes idées encore s’éparpillent,

Telles les breloques et pampilles,

Dans ma tête qu’elles babillent.

À l’heure du noire encore ça brille. 

Allons, allons, tes efforts ne gaspille !

Me lança la vielle pie,

Dans ma tête , elle aussi qu’elle babille.

Ta couche retrouve et grappille,

Quelques heures de roupille.

DNR

 

 

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