Kugelschreiber blog

01 août 2013

Conversation vénusienne II (Google et l'affaire Roswell)

Les deux créatures aux yeux globuleux (pour mieux nous voir), aux encéphales triples (pour mieux nous comprendre) et aux bouches édentées (quel besoin de dents quand on sirote tout ), sirotaient une liqueur d’un rouge douteux et d'une odeur ferrique dans laquelle flottaient des formes vermiformes en mouvement. Verres en tentacules et corps (ou l'équivalent du moins) en lévitation sur leurs transats galactiques, ces êtres extraordinaires regardaient d'un faux air de glandouille, la terre. Une planète située à bonne distance de leur monde si sophistiqué ... Ils cogitaient ... Sur la pertinence de l'interprétation des hommes. Loisir qu'ils s'octroient aux heures de l'ennui.

- As-tu vu le doodle de Google du 8 juillet ? Ils pensent fêter l'anniversaire de notre visite (d'un air franchement navré).

- Tu veux dire l'histoire du crash à Roswell et les rumeurs sur nos présumées autopsies ? Ah, les pauvres, ils sont dans la confusion la plus totale. Ca a beau dater de 47, on les obsède … Quelle espèce naïve ! Ils sont loin de se douter qu'on les a visités par plus tard qu'hier (d'un air franchement déçu).

- Normal qu'ils aient des pensées nébuleuses. Entre la théorie conspirationniste des urologistes, l'omerta des militaires US, le flou que renforce leur médias, la discrétion dans laquelle on est passé maître, vers quel saint peuvent-ils se tournent (au temps d'une laïcité trouble). Que veux-tu qu'ils croient ? En qui veux-tu qu'ils croient ?

- Anatomiquement parlant, l'unicité de leur encéphale (contrairement à nous) ne leur permet guère d'interpréter Roswell. Imagine alors quand ils se cachent des choses entre eux !! Au risque de te sembler franchement arriériste, je pense que les capacités de discernement d'une espèce (encore au stade matériel) est intimement liée à son anatomie générale. Crois-en mon expérience de milliers d'années d'observation anthropo-zoologique dans les laboratoires à étudier les différentes races qui peuplent l'univers. Le primum movens EST l'anatomie. Certes la fonction crée l'organe mais l'organe à ses limites et limite la fonction.

- Ils ont des années d'évolution derrière eux tout de même. Ils sont au sommet de la pyramide des espèces sur leur planète.

- Sur leur caillou ils sont rois mais sur l'échiquier galactique, ils sont loin de humer la monarchie.  A leur décharge, c'est le hasard qui nous a doté ou plutôt dé"doté" des contraintes de l'anatomie, d'où on tire notre supériorité ... On a rien fait de particulier pour mériter autant d'égards ... Cela dit eux non plus !!

- Qui choisit finalement que l'un aie quelques attributs que l'autre n'aura pas ? Un dieu ?  Une logique de la loi de l'évolution ? Un environnement ? Un hasard? Ce qu'on possède ou non, quelle importance ? Ne doit-on pas faire avec ce qu'on a à bord de soi ? Que faire de sa supériorité ? Faut-il vraiment en faire quelque chose ?

Une longue minute de silence s'installa. Absorbés par la réflexion, les deux créatures se souvinrent brusquement de la liqueur qu'ils étaient sensés absorber. Ils ne toucheront point à leurs verres de peur de perdre le fil de la concentration. Ce moment si privilégié ou on est au fond de soi à chercher la vérité. D'ailleurs, c'est dommage qu'il faille la réduire en une synthèse. Une phrase sensée résumer des moments où on réfléchit de toute ses tripes. En somme, emprisonner un truc profond dans une suite de mots ... Pfff

Pour répondre aux précédentes questions et à des flots d'autres questions qui se suivent tels des wagons, les deux créatures erreraient avec moi dans mes pensées. Des prairies verdoyantes fertiles de réponses, des rivières foisonnantes de poissons et de représentations abstraites, des radeaux dérivants au grès d'idées philosophiques ... Ailleurs ... Puis on revint tous ensemble, (ben oui, les deux ET sont obligés de me suivre) sur nos pas et sur Roswell. 

- Ce qui est sûr c'est que ce n'est pas en soucoupe volante qu'on les visitera. C'est tellement puéril d'imaginer qu'on est à l'image de leurs caricatures !!!

- Ne soit pas exigent envers eux. La pertinence de leur réflexion est limitée. Roswell, nos autopsies, ce cirque, ça a beau être con c'est à la fois romantique (ils cherchent une moitié) et déroutant (ils se bouffent les nez entre eux).

- Roswell ou pas, ils se trouvent facilement des occupations étranges. Avouons quand même que les observer est une source d'émulsion qui peut être amusante par moment. Mon ami, buvons nos cocktails au souvenir de Roswell et à l'intelligence des hommes.

Tchin-Tchin sonnaient leurs verres. D'un coup ils aspirèrent leurs vermicelles et le liquide sanguinolent dans lequel elles baignaient. Trêve de bavardage. La pause était finie. Les affaires galactiques sérieuses reprennaient de plus belles pour nos deux vénusiens.

 

DNR

rosw

 

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07 juillet 2013

La baie qui se buvait

Cela fait une semaine que la bouteille squattait la portière du frigo. Fallait-il la boire un jour ? C’était un cadeau du proprio avec du patté fermier lorrain. Miam, miam, un megamix de bonnes choses pour vous boucher une coronaire. Je finirais pas trouver quoi en faire de ce patté. Attaquons plutôt la bouteille. Une vraie curiosité. Moi qui ne connaissais que les bouteilles de soda, d’eau de fleurs pour aromatiser les gâteaux de ma mère et les bouteilles de bière mais celles-là étaient en général opaques, celle-çi ne ressemblait à rien. A trente ans passés, des choses banales m’émerveillent encore. Après l’inspection, la palpation, ai-je appris. Pas un gramme d’OH paraît-il. C’est donc pour moi. Limonade de myrtille se nomme-t-elle. Derrière son contenant transparent, elle porte une robe légèrement rose violine. Une couleur à dose homéopathique. Diluée à ne plus pouvoir la doser. A se demander si myrtille il y’a encore ? Inspection, palpation puis dégustation acquiescerait feu Abderrahim Barguache. Alors, versons la liqueur dans un verre approprié. Un verre à pied large, comme un arbre généreux qui offrirait le jus mystérieux à une bouche curieuse. Et quelques gorgées plus tard. Et il en a fallu des généreuses de gorgées pour un odorat peu performant sans sa cure de corticoïdes ... Le verdict tombe ... Elle n’est pas dégueux cette limonade. D’abord, elle est finement pétillante. Comme … Comme les eaux qu’aiment bien glouter les adultes au début puis en plein et enfin de repas. Pauvre eau plate, elle n’a rien fait de préjudiciable pour être autant peu plébiscitée. Elle n’est pas plate, elle est juste normale. La qualifier de plate est péjoratif puisqu'il ne lui manque rien. Ce n’est pas parce que l’autre est boostée au CO2 que la comparaison doit être négative !! Ca me sidère. Mais bon, l’eau plate n’est pas consciente de cette injustice. D’ailleurs, elle s’en fou. Quant à la carafe d’eau, parent pauvre des boissons groupées sous la formule scientifique de H2O, on n’en parle même pas. Toutes ces subtilités acqueuses n'ont finalement d’importance que pour le serveur qui vous récite pour sa énième fois de la soirée : Eau plate ou pétillante ? Une 500 ou 1l ? Et quand vous ne voulez rien, il vous propose encore : Peut être une carafe d’eau ? Ces interrogations doivent figurer sur le manuel du serveur, sans lequel le garçon (ou fille) ne passe pas son niveau B2. Bref, pour en revenir à notre limonade décolorée ou presque colorée. Elle livre un arrière gout de « Tofita ». Qui s'en souvient (sinon l'enfance elle-même) de ces bonbons pateux, gouteux à souhait et pas cher par dessus le marché ? Etaient-ce des cochoneries bourrées d'additifs de tous genres? L'enfance ne le sait pas. D'ailleurs, elle s'en fou. En tous les cas, ce discret gout fruité était tout ce qu'il y a de myrtille dans cette limonde. Pour résumer, elle n’est pas extraordinairement ragoutante mais pas dégoutante non plus … Jesus n'aurait pas troqué le vin (même diluée parait-il qu'il l'était) contre la limonde de myrtille dans "le pain et le vin". Mais si un jour vous vous retrouvez nez à nez devant cette liqueur subtile de gout et de couleur, vous pouvez la boire. Elle ne cassera pas trois pattes à un canard. A vos verres, prêts, buvez. Quant au destin du paté, il demeure à écrire ... Après l'avoir imaginé pardi !

DNR

2013-07-07 16

 

 

 

 

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05 juillet 2013

A la mémoire de Jean

 Jean, tu étais un homme brillant, mais nul doute tu as foiré ta vie. Ce n’est pas parce qu’on a les bonnes clés en main qu’on arrive à ouvrir les bonnes portes n'est ce pas? Tu étais doué, sensible, éduqué. D'ailleurs, quand un mot de travers fusait de ta bouche alors que tu étais en proie au stress ou sous pression, tu t’excusais sincèrement une fois calmé. Tu n’avais pas la grosse tête d’où ton accessibilité. Tu l’ignores peut être, ou plutôt personne ne te l’avait dit, tu étais un grand homme qui restait au contact de ses petits congénères sans leur faire sentir un quelconque déni ou fierté mal placée. Jean, tu n’étais pas conscient de ton génie. Tu voulais absolument prouver tous les jours ce que tu pensais devoir être. Ce que tu étais déjà. Chaque jour il fallait que tu recommences. On aurait dit que tu partais de rien chaque matin. Ce que tu avais acquis en des années de labeurs, fallait le reconquérir (sans raison) tout les jours que dieu fera. Nul doute, doutais-tu de toi-même. Nul doute, étais-tu écrasé par quelqu’un sinon par plusieurs. Nul doute, avais-tu besoin de reconnaissance. Quelque chose te manquait. Depuis des années sûrement. Tout le monde où presque effleurait du doigt ce constat. Mais personne n’y prêta attention. Après tout, c’est le problème de Jean disait-on sûrement. Pourtant, tu faisais partie d’une équipe. Quelle équipe me diras-tu ? La société est là pour parler des problèmes, mais personne n’est supposé les régler. Jean, tu étais très intelligent. Tu ne faisais transparaître que ce que voulais. Tu as bien caché ta souffrance. Même à ta moitié Freudienne. Mon dieu, qu’est ce que tu devais te sentir seul Jean …Très seul. J’imagine que tu pensais qu’il valait mieux être vraiment seul, qu’être seul parmi les siens et les autres. Et tu as raison !! Puis ce qui devait arriver arriva. Tu fis ton choix de t’en aller. Te souviens-tu ? Quelques jours avant, on discutait théologie en traversant un pont. Tu avais fumé comme d'habitude. Tu faisais tes derniers pas. Ta décision fut prise ce soir là où quelques jours plus tard ? Ça devait te travailler depuis un moment déjà. Tu devais atteindre l'acmé du désespoir plus souvent, plus facilement. Jean, ce n’était que tu travail, un gagne pain, un moyen pour ramener des croquettes au chat ... Et aux autres. Oui, bon, je te concède, c’est certainement plus que ça pour nous. Mais quand même ... Cela dit, si aucune oreille n’a pris la peine de t’écouter dans ta bulle infernale, la vie extérieure ne pouvait avoir d’attrait à tes yeux.

Jean, je pense fort à toi. Ton départ est douloureux. Les circonstances de ce retour à la terre sont injustes. L’absence de changement qui aurait dû avoir lieu est effarante. Par moment même, je resens du dégoût.

Jean, je pense aussi à ta femme. A sa souffrance. Elle n’a rien vu venir. Elle ne pouvait rien faire. Je pense à ton extrême solitude dans ton monde plein de gens. Que tu doives faire semblant auprès des tiens, chez toi. Tes nuits devaient être si longues et si tristes. Jean, rien n’a changé après ton départ …. Et c’est bien malheureux. Le tabou est encore là. Et d’autres tabous aussi.

Maintenant que tu es loin de nous et enfin libre, t’es tu réincarné en lotus vietnamien ou en une brise fraîche sur une rizière asiatique ? Quoi qu’il en soit Jean, j’espère que c’est au moins fun chez toi, car comme tu peux le constater, ici, c’est la routine. Les fleurs éphémères du printemps continuent à pousser, comme partout sur la planète.

Jean que dieu ait pitié de toi et de tous les hommes.

DNR

 

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09 avril 2013

Jane Doe

J'ouvris brusquement les yeux. Il faisait noir comme nuit, et c’en était une. Mes pupilles se dilatèrent pour capter un quelconque rayon de lumière, il y’en avait pas un cette fois-ci (heureusement). Désormais, mes paupières ne se fermeront plus. Sortie d’un sommeil profond, j'étais perdue. Qui suis-je ? Où suis-je ? Dépouillée de toute conscience spacio-temporaire et surtout de mon identité, j'étais devenue temporairement une Jane Doe. Loin d’être stressée, le flux nerveux dans mon encéphale grillerait tous les feux rouges et jaunes dans l’espoir de sortir de ce trou noir. En attendant que ma formation réticulée se mette en marche, j'essayais de glaner un quelconque indice extérieur ? Mes yeux examinaient, malgré l'oscurité, la chambre dans laquelle j'étais étendue sur un lit. Un lit ? J'avais donc un corps ! J'étais un être conscient de son inconscience mais doté d’une présence physique bientôt capable de se mouvoir de surcroît. Puis mes orteils et doigts se mouvaient insensiblement. Pardi ! C’est moi ! C'est bien moi. Il m'a fallu deux longues et intenses secondes pour me retrouver. Je peux enfin fermer les paupières ... Et réflechir à ma condition.

Amélie Nothomb avait griffé quelques phrases sur ce genre d’ictus dans le journal d’hirondelle. Mais contrairement à ce qu’elle écrivait, dans mon amnésie, je ne me souciais nullement de mon sexe ni de mon âge. Il semble que l’essence de mon être n’admette pas le genre comme critère primaire. Quant à l’âge, il s’agit d’une conséquence et donc revêt un caractère secondaire et de toute façon inévitable. Ce qui était extraordinaire, c’est qu’une fois dépossédée de mon identité, tout était possible. Jane Doe que j'étais, avait touché une liberté (immense) du doigt. Au fond du noir, elle aurait pu être une star, un président des states, un pape, un mannequin, un nouveau-né, un chat d’intérieur ou Ghandi. Ou alors, elle aurait effleuré la détresse de Jeanne de France, d'un sidéenne, un amputé, un brulé, un condamné à mort ou un innocent. Pire, elle aurait été un conspirateur, un criminel au fond d’une prison, un soldat contraint de tuer ou Hitler. C’était finalement la voie vers tout … Hitchcock aurait pu traiter ce sujet dans sa quatrième dimension, fallait encore y penser.

Alors que me laissant réintégrer par la totalité de ma personnalité et une partie de mes souvenirs, l'instant philosophique, ayant attendu au perron de mes idées, réclamait, comme à chaque fois, sa part de l'histoire. Lui fait rien, puis il se pointe comme une fleur ceuillir une phrase machée à la gloire de son utilité. Pfff ! Quel féneant celui là. Donnons lui ce qu'il veut, qu'il nous lâche la grappe. Que dire de cette expérience ? Est-on finalement insatisfait (ou satisfait) de soi ? La réponse dans la sira nabaouiya ou la vie du prohéte se résume en un mot الرضا. La satisfaction à qui en veut. On apprécie plus ce qu’on est quand a failli être ce qu’on ne veut pas et même ce qu’on pense vouloir être.

La bonne nouvelle, c'est que pour expérimenter la liberté, pas besoin de quitter son lit (encore moins aller à une plage ou l'eau se confond avec l'horizon) … Vivement le prochain ictus ou rêve plaisant.

DNR

Sonderstrand

"Nuit d'été sur la plage de Skagen" de Peter Krøyer

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06 avril 2013

L'homme qui quitta la femme

Il y’a quelques semaines, elle (qu’on nommera … Catheline, c’est joli comme prénom) était venu au travail avec la mine d’une déterrée. Elle pleurait, dans les couloirs rouges, cachée derrière son déguisement violet quotidien. Mais elle s’efforçait de s’affairer aux besognes du jour, chaque jour, avec une rigueur devenue besoin, une sorte de fil conducteur … pour continuer à avancer.  Elle m’avouera, comme à qui lui demande, que son mari l’a quitté. Du jour au lendemain. Comme ça. Sans prémices de dégradation relationnelle (hormis quelques de dépressions dont l’origine restait inconnue par Catheline. Le psy a dû honorer le secret médical). Bref, il la quitte quand même. Dieu du ciel, quelle nouvelle !! Un tonnerre qui vient déranger la quiétude du ciel apaisé d’une quarantaine bien entamée et d’une maternité deux fois renouvelée …. La solitude après le couple, ça doit être dur … Et le reste aussi.

L’épouse a bien sûr  demandé au futur ex (qu’on nommera Edouard, c’est pas mal comme prénom) de rester, sans succès.  C’est qu’il voulait vraiment partir. Depuis, les avocats s’y s’en  mêlé, c’est que c’était vraiment irréversible.

Les anciens amoureux, amants, parents étaient redevenus de simples adultes au pied d’un divorce certain. L’homme expliquera à son ex, bien plus tard, une fois l’orage passé, qu’il l’a quitté pour un autre amour, celui qu’il porte à un homme (qu’on nommera Hugo, c’est bien comme prénom) … Edouard et Hugo se voyaient depuis des mois déjà ...  Au grand désespoir d’Edouard, le nouvel amant ne cherchait qu’une amourette. Le caractère volage d’Hugo était-il la cause des dépressions ? Le « coming outer » cassait-il parce qu’il était incompris ? Rejeté ? Pas à sa place, en tous les cas? Comment Edouard s’en sortira-t-il ? Catheline n’a que le choix de s’en sortir. Les enfants ne savent rien. Ils apprendront le secret quand ils ne seront plus candides. De la bouche de leur père certainement … Un jour.

Le tout était dit, ou presque (quelques histoires de sérologies à vérifier … Un étranger était rentré dans la bergerie). Presque tout reste à faire pour l’un et l’autre et les autres. Tout un chacun, sur sa propre route, portera son chagrin sur son dos. Tout un chacun, sur sa propre route, cicatrisera ses plaies comme il peut.

Conclusion ? Y’en a-t-il seulement une ? Ou même plusieurs ? Après quelques minutes de réflexion, un Mc Chicken et quelques potatoes plus loin, des minutes de réflexion au creux de la nuit, 24h plutard, ma pensée bifurque vers Freddy Mercury, le moustachu pas si occidental que ça … Puis nada, pas de conclusion en vue. Finalement le silence sied tout aussi bien à la situation, tellement il y'a de choses à dire dans tous les sens.

DNR

Le beau Farrokh Bulsar, l'indo-persan-britanique, tout ce qu'il y'a d'oriental. 

 

 

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11 mars 2013

Fièvre délirante

Le silence était maître depuis quelques minutes déjà, (en pleine intervention chirurgicale sur une patiente sexagénaire), quand l’anesthésiste se plaignit, d’un ton interrogatif et sérieux, avec son accent frontalier :

-        Je ne comprends pas pourquoi cette patiente chauffe ? Elle a 37,2 en rectal !!

Je suppose que (comme moi) l’information fit plusieurs tours dans les encéphales. Retenu en otage, on ne savait plus que penser de ce 37,2 ? He jokes ?  Non, non, il n’avait pas l’air. Il cherchait vraiment une réponse. Silence …. On réfléchissait tous, où est le piège ? Quand le pompiste lança avec une CLASSE digne d’une grosse berline :

-         Elle est chaude du K.

Voilà, c’est dit. C’est fin, c’est recherché, et c’est dit. Le clou est planté.

Quelques rires plus tard, l’infermière, loin d’être blonde, mais ENCORE perplexe (on se demande pourquoi), riposta :

-        Mais … mais c’est la température que j’ai le matin !

Bon, et d’un, on affaire à une adepte de la prise quotidienne de tempiote. Et de deux, cherche-t-elle à faire un rejeton ? En tous les cas, elle se suit rigoureusement.

Bêtise pour bêtise, autant se lâcher, pensais-je avant de rétorquer sur l’énigme de la sexagénaire fébrile à 37,2 :

-        Elle est en pleine ovulation.

D’un sourire masqué mais deviné derrière la bavette, le sénior lâcha … Je ne sais plus d’ailleurs … Un truc du genre … Ah les jeunes !!! … Un truc faussement choqué et approbateur … Quelques rires plus tard, la parenthèse inattendue se ferma et on passa à autre chose.

Je vous voir venir avec vos sabots, mais il ne faut pas croire qu’entre les murs d’un bloc l’humour n’est que vache (pour ne pas dire autre chose). Ça reste un luxe qu’on ne peut se permettre (dans mon cas). Mais si la rumeur est tenace, autant l’honorer … Et tant qu’elle reste amusante, autant qu’elle fasse couler de l’encre sur ce blog.

DNR

fv

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02 janvier 2013

Grivoiseries féminines ou les femmes contre le pouvoir

Quelques grammes à peine de littérature. Une couverture abstraite pour un titre inattendu. Le livret de Nora Aceval se lit d'une traite. Quelques contes racontés en secret, au creux de la nuit, à l'ombre d'une bougie (voir de plusieurs), autour d'un thé, dans une pièce reculée d’une maison de compagne, entre femmes de toutes générations. Les plus jeunes découvrant le monde de la duperie coquine des aïeules. Les bien plantées dans leurs âges (et donc mariables) y découvrent les ruses de leurs ainées et leurs propres possibilités. Les expérimentées y trouvent de l'humour enfin autorisé, voir de petites revanches de l'histoire contre le genre masculin. Les vieilles dames, souvent conteuses, y abdiquent joyeusement leurs innocences intellectuelle et /ou pratique. La ruse en véritable savoir-être qui se transmet entre femmes ...  Enfin, à celles qui en veulent bien. Le livre érotique conte comment des villageoises arrivent, avec la liberté d’antan, à cocufier leurs époux et la société. Comment être volage sans en donner l'impression de possibilité. Comment duper sur l'immaculée chasteté. Comment les femmes, dans les coulisses de l'érotisme, en réel ou dans l'imaginaire, s'attaquent, autour d'un thé, au pouvoir des hommes. Le livre est à la gloire de la ruse féminine même si la réalité des contes ne tient pas toujours la piste route. Tiens donc, il n'y a pas de raison que Maupassant ou La fontaines aient l'exclusivité des contes grivois. Les femmes du Maghreb pour les avoir pratiqués puis contés ou juste rapportés s’en mêlent aussi, et en publique cette fois avec « les contes libertins du Maghreb ». Une lecture licencieuse, curieuse, pas toujours empiriste mais nullement prosaïque, occasionnellement instructif sur le rapport sociétal du genre humain. Qu’en retenir ?  (Personnellement) Une véritable critique de la société. Une critique qui a traversé les siècles mais pour autant reste d'actualité. La place et surtout le pouvoir que peut avoir la femme dans les sociétés du sud, c’est bien de cela qu’il s’agit au fond. Un regard coquin et positif sur ce monde et des solutions à peine dévoilées. Ainsi, les histoires de « la fille et le lézard » et « la fille et l’imam » suggèrent, à juste titre, que la société n’a que l’importance qu’on lui donne, même si on ne peut exister hors d’elle. Heureusement que la vision (influente) imposée par la société reste influençable dans un sens ou l’autre. Soyons donc acteurs influents dans nos sociétés tant soit peu au lieu de rester de pauvres et passifs téléspectateurs.

Bref, les temps changent mais les sujets restent les mêmes. Les femmes, le pouvoir et la liberté.

DNR

clb

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30 décembre 2012

Shiva sous la douche

Comme à son accoutumée, elle se prélassait sur la table à manger. Installée à un point stratégique du salon, elle regardait, muette, on ne sait ou. Elle pensait, silencieuse, on ne sait à qui ou à quoi. Peu importe, loin de son maître, elle était quand même au chaud, en hauteur et en sécurité. Trois impératifs pour Shiva. Des puces se sont  échappées il y’a quelques jours de son beau pelage gris, mais qu’importe, on l’adore (Comme si on pouvait faire autrement !!). Nous sommes définitivement désarmés face à la bouillie d’ange de cette ronronneuse indépendante qui ne nous appartient pas (malheureusement). 

Et si on la lavait ? Silence …. Puis la minute des questionnements sonna. Certes elle a été poudrée puis « pipettée » pour ces histoires (naturelles) de parasitose prurigineuse, mais une bonne douche l’assainirait. Certes on n’est pas ses maîtres, mais cela ne nous a jamais empêché de nous occuper d’elle. Certes c’est un chat mais elle aime à traîner dans la baignoire … Sur le lavabo … Et même qu’elle est fascinée par la chasse d’eau. Ce serait-ce un félin aquatique ? Comment en être sure ? Un chat a-t-il vraiment la phobie de l’eau ? Dérogera-t-elle à la règle ? Est-ce une règle ? Qui nous a appris ces règles ? Ne faut-il pas vérifier par soit même au lieu de croire à presque tout ? Ne croit on pas à tord que les chats ne s’entendent pas avec les chiens ? D’où vient ce bourrage de crâne ? Comment vaincre mes certitudes d’enfant ? Parce qu’enfin de compte c’est de cela qu’il s’agit … Il est temps d’expérimenter, ce d’autant plus que Shiva a besoin d’un jet d’eau pour parfaire sa toilette. Comment se comportera-t-elle ? Au pire, elle miaulera comme une malade, griffera comme une blessée et enfin s’enfuira (peut être définitivement, et ça serait là mon plus grand regret) comme une voleuse et salopera au passage l’appartement … Et je l’aurais bien cherché. Allez, appelons un chat un chat !! Un peu de courage et faisons prendre une douche à ce chat.

Telle une enfant mise dans le bain, je l’arrosais d’eau bien chaude (en temps sec, elle aime glandouiller prés du chauffage). Sous l’eau, elle ne faisait pas la morte mais elle ne faisait rien. Immobile, certainement d’appréhension, elle se laissait faire sans hostilité ni même une pointe de curiosité. Bientôt, on ne voyait plus que ses yeux jaunes, sa touffe s’affaissant sous l’eau, son petit corps diminuait de volume à vu d’oeil. Ainsi, es-tu faite, toi qui a des génes du british shorthair bleu (au fait, tu es LOOFée ?). Plus de kératine que de chair. Tiens en parlant de chair, on découvrait enfin ta peau, blanche ou gris ?? Quel miracle, j’en oubliai que toi, la boule de poil, avait un épithélium malpighien kératinisé. Ainsi, tu as beau être un être extraordinaire à nos yeux d’éternel amoureux (de toi), tu restes un être bien de cette basse terre, fait de chair et d’os ... Je préfère ne pas les voir tes os d’ailleurs. 

Je la shampooingnais vite (elle est sage mais jusqu’à quand ?) au cranberry telle une lady nordique. Au contact de son abdomen, Shiva miaula … Soudainement … Et surtout bizarrement, à deux reprises. C’est à ce moment que ma vieille leçon d’éducation islamique surgit du fin fond d’un silo de ma mémoire : « عذبت امرأة في هرة سجنتها حتى ماتت فدخلت فيها النار » (Une femme a été en enfer pour avoir emprisonné un chat jusqu'à ce qu'il meure) de plus, cité par El Boukhari en personne. Et ben me voilà dans de sales draps je me suis dite. L'enfer, carrément ... Ce n'est pas une mince affaire ... Puis je retrouvais la réalité : C’est bon, calmos … It’s not the same situation !! Soucieuse du bien-être et des opinions du félin, je cherche des signes à son inspection (Elles peuvent être utiles les leçons de médecine). Elle est indolore. Franchement pas contrariée. Plutôt gênée ? Ok Ok, c’est désagréable peut être ?  Ou alors c’est inhabituel ? Mais il faut bien te laver le ventre ma cocotte. Ne me fais pas un cake, je ne te laverai pas aux 4 quarts, c’est tout ton corps ou rien. Et vu que c’est bien parti autant en finir ma chère!! Le rinçage fini, enveloppée dans une serviette, puis dans une autre, puis animée d’une peur bleue au contact du sèche-cheveux, elle ne séchât que trois heures plus tard, au feu de l’âtre moderne qu’est le radiateur.

Rassasiée, propre, encore plus belle mais franchement kaputt par cette aventure aquatique. Shiva … L’extraordinaire, démonte le mythe de la phobie, affronte sans victoire le cracheur d’air chaud, me griffe en souvenir de cet instant qu’elle rechignera tant et je fini par frétiller intérieurement d’avoir enfin peut être chopé une zoonose utile !? (Hé ho ! Ce n’est pas comme ça que tu choperas la toxoplasmose, griffure donc toute inutile). Morale ? Les idées qui circulent ne sont pas toujours vraies. Ne prenez donc pas n’importe quel véhicule pour un vrai taxi.

DNR

Shiva

a

 

 

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12 septembre 2012

Sauver ses fesses

Embauchée à la volée au 4éme étage par Mazen qui me fila à l'occasion un bonbon pour apaiser mon appétit devenu vorace, on emprunta le large ascenseur, l'incontestable voie moderne du transport intrahopitalier. Au 2éme, un patient venu tout droit de la prison nous attendait. J'avais eu échos, par hasard, de certaines histoires de fesses (dans le vrai sens du terme) fragiles qui se seraient fortement abimées après le passage quelque peu obligé (pour des pontages coronaires) de leur propriétaire sur les gélatines de la table d'opératoire. Sa vie désomais sauvée, il fallait maintenant sauver ses fesses. Des hypothèses farfelues étayées par des gens farfelus, courraient au bloc aussi vite que la rumeur dans une soirée mondaine. En effet, depuis 2 jours et pour expliquer l'origine des maux ischiatiques (pauvre ischion ... os oh combien valeureux, puisqu'on s'assied dessus toute une vie, et pourtant si méconnu) on hésitait entre l'effet pyromane de la Bétadine ??!! Et la machiavélique plaque du bistouri électrique ??!! Laissez-moi rire en douce de ces arguments plus apparentés au grotesque qu’à la logique. Dans le brouhaha du blabla des uns et des autres, je découvre le dégât dont il est question. Une énorme escarre bi-fessière, sombre et cartonnée. Sortez les bistouris, froid et électrique de la caisse à outils les filles.

 C'est donc à une heure de faible écoute et quelque peu indécente pour un parage, à savoir 20h, que Zaki me tend la lame froide pour abréger la souffrance de tous. Le malade qui dormait dans les bras du Morphée. Mazen qui perdait sa patience. Zaki, fraichement marié, qui avait hâte de retrouver son épouse. L'anesthésiologiste en herbe largué et que je n'apprécie que peu. L'infirmière curieuse de l'issue de l'histoire. Et le gardien de prison ??!! Oui, oui, le geôlier, encore muni de menottes ??!! Déguisé sommairement en stérile pour l'occasion, gardait un œil sur le détenu patient, allongé sur la table opératoire, drogué au Diprivan jusqu'à l'os, des fois qu'il se fasse la malle à la prison Break. Le pauvre gardien ... sa présence était toute somme inutile, mais sans doute suit-il le règlement de sécurité ... futile. Et ben tient mon petit dur, la petite nana t'affligeras un vrai spectacle gore ... et cela ne fera qu'étayer l'hypothèse du côté sombre du médecin et n'arrangera pas du coup notre réputation. Après tout, il faut bien qu'une profession de la société nettoie ce ... truc. Mais dis moi gardien ! En rêveras-tu? En seras-tu hanté? L'oublieras-tu? Le raconteras-tu? Qu'en garderas-tu?  Gardien ! Qu'adviendra-t-il de ton sourrire naïf? A mois que tu n'aies de la bouteille côté bizarreries, toi qui dois voir des choses chelous (parait que ça prend un s au pluriel) dans ta porfession?  Et les idées dérivent sur le mississipi ... Ho ! Ho ! Oublie le gardien. Je reprends le contrôle du mississipi, je pris l'outil que je plantai dans la chaire. Le reste dû être routinier car je ne m'en souviens plus.

Conclusion, l'expression sauver ses fesses n'est pas si infondée que cela. Sauver des fesses ça peut sauver des vie.

DNR

Qui dit fesses, dit muscles, dit Mr Olympia, dit Phillip Heath. Une planche anatomique vivante.

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11 septembre 2012

Nus comme des vers

Dans un sauna dont les degrés avoisinaient les nonente, les vapeurs relaxantes devenues étouffantes me chassaient des bois. La myopie m'avait plongée dans un impressionnisme choisi, dans ces dédales boisés. Et oui, de mes deux mains sensées pas gauches, je demeure incapable de mettre des lentilles. Dans les couloirs … là et ça … là ou d'autres avançaient tête haute et bedaine en avant sans vétilles,  je marchais tel un octogénaire de peur de choir, miraude (par choix) et pétrie (de force) de précautions dont la référence manque terriblement de sérieux  (une publicité marocaine des années 80 montrant une femme qui glisse sur un sol imbibé d’eau en faisant le ménage).

 Les nu(e)s de Degas déambulaient … partout … de partout … dans une routine qui ne semblait paradoxalement pas léser les convenances mais que j’étais seule à trouver exceptionnelle. Ainsi, gros, vieux, fripés et autres êtres, dépourvus d’apparats de circonstance, étaient eux-mêmes … sans plus ni moins. La nudité nous apprend qu’une fois affranchie des complexes corporels, la suffisance et la satisfaction d’être modestement soi, sont des affaires d'âme et d'éducation. Dans une nudité impersonnelle, mon regard aveugle se frayait un chemin dans mon propre être. Ce qui jadis était exceptionnel fini, petit à petit, érodé par l'habtiude, par tomber dans la banalité. Ainsi, j’allais bientôt m’affranchir du poids, pourtant si léger d'un frac et d'un froc et oh combien lourd de la culture, accédant ainsi, à tort ou à raison, tout en restant une textile, à un autre niveau de conscience de soi et une autre philosophie, celle d'être librée de soi et des autres.

Quand on est bien dans sa tête on est bien dans son corps … et vice versa. Se relaxer de surcroit sous les Klimt d’un hammam allemand c’est encore mieux.

DNR 

sn

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08 janvier 2012

Bréves d'une longue journée

Agenouillée au bord d’un lit, j’écrasais de mon poids sa poitrine pour le réanimer.  Il avait le teint de l’au-delà, mais je ne le regardais plus, mes yeux étaient  rivés sur le scope. C’était l’heure de l’action et non pas de l’inspection. Nos « moi » n’avaient pas encore décidé qu’il était mort. D’un réflexe naturel, on y croit … Jusque bout …  In fine, ne choisit-on pas ce métier parce qu’on croit dur comme fer qu’on peut sauver des vies ?  Puis l’idée fait son chemin … La mort qui emporte sa victime assoit sa présence dans nos esprits … Progressivement. Quant à  feu l’humain, il a déjà quitté son corps … Définitivement. Une larme épaisse à l’œil droit en guise d'un dernier souffle.

D’autres aventures s’enchaînent et émaillaient cette garde de 30 heures.

Un sexagénaire en bout de course reçoit en guise de merveilleux présent un cœur vaillant n’ayant battu dans un thorax qu’un quart de siècle. Promesse d’une nouvelle vie qui a soif de temps, et finalement d’inconnu.

Mais à quoi est-ce que je pense après ces péripéties ? De quoi est-ce que je prends conscience après avoir massé un être qui ne revient pas ? De quoi ai-je envie après 30 heures à l’hôpital dont 4 heures de sommeil ? Qu’est-ce que je pense de la mort ?

Demain, c’est encore une dure journée de labeur. Je « re-prends » conscience que j’ai perdu à jamais l’inconscience et l’insouciance des gens du métro. Quant à mes envies : que le temps s’arrête et que ce mal de crâne disparaisse. Envie de côtoyer des gens normaux et sains de corps, pourquoi pas dans un marché ... Il y’en a pleins dans les marchés ... Des gens qui achètent ou négocient et s’adonnent donc à des activités banales.  Enfin, je pense que la faucheuse (celle contre laquelle je lutte) est une réalité … Toujours aussi indésirable ... Entre autres choses.

DNR

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05 décembre 2011

Zahramania

Je m'improvise transcriptrice d'un soir (se réinventer chaque jour disent-ils dans la pub), le temps de coucher (à défaut de me coucher même moi) des mots amazighs sur la virginité (en matière de lyrics berbère) d’une toile paradoxalement immense.

Pour cet exercice qui me renvoie vers la langue de mon enfance et qui vous donne une idée sur ce qui berce ma conduite, j’ai choisi de vous transcrire « Oursoul », le petit frère de « imik simik », titres cadets de « Beautiful Tango » et bien d’autres de Hindi Zahra, artiste tout simplement étonnante par sa « polyglottie » et ses multiples styles musicaux.

Petit bémol tout de même, la page facebook de Zahra est plutôt une interface publicitaire que page perso, alors même qu'un site officiel existe (sans doute draine-t-il peu de fans ... mais ce n'est pas une raison). Zahra, sawl smeden … wajeb meden, han même si tsserlit imurg si guenwan (à l’époque id Basaid chantait à raison imurg iguez ikaln) meden katguite !!

DNR

hz

 

Ousoul

Zman ari tazal , iwaln oursoul … zran

Mani rih, mani mouguih, oursoul swih yat

Tassa inou ... termi, Oursoul tzdar

Rayli ijran ijra … ijra yadli … ijra a benti

Oursoul oufih guayli rih, naniyi tla tafoukt

Zman irezif … trezif dounit … mais mani rih ? mani mouguih ?

Nani ... guawer ... iradyachi arguazenm,

Oursoul oufih guayli rih, naniyi tla tafoukt

Dounit Oursoul tswa yat ih rid ... ourtelit

Achkid, achkid … Dounit oursoul tswa yat ih rid ourtelit

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03 décembre 2011

La femme et la baie

Sous un ciel mitigé, les vagues se sont retirées mettant à nu les rochers de la côte. Ebènes, massifs, durs … des milliers d’années d’érosion n’ont pu les transformer en néant. Ils étaient plantés là, outrageusement, ils s’imposaient à mon champ visuel. Mes yeux n’appréciaient guère ces restes telluriques enracinés dans le sable. Je préférais de loin, l’entendue bleue, au loin … injustement, trop loin. Même le soleil ne se délectait plus de ces cailloux, qu’il s’était déjà retiré de la baie.

Pierres ou pas, froid ou pas, l’air marin avait attiré bien des humains sur cette plage qui devrait être belle en des temps plus cléments. Des résidences de luxe, vides de toutes âmes qui vivent; jonchaient la falaise. Au loin, la statue d’Hitchcock aux oiseaux (supposés maléfiques) était devenue stérile de son pouvoir phobique. Au prés, des parents et des adultes, soucieux de leurs sommeils, épuisaient respectivement leurs progénitures et leurs canins à courir comme des dératés sur le sable. 

Malgré toute cette activité, le silence régnait en maitre. Le calme était roi ... La quiétude était reine … les vagues évoquaient un vague souvenir, peut être un pays ou je suis née … Assis sur nos fessiers, on se laissait glisser, quelque part dans le bien être, sous l’effet anxiolytique de l'air marin.

DNR

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28 juillet 2011

As-tu un ami ?

D’un blanc jauni sous l’effet du temps, il semblait venir d’un autre siècle (ce qui était le cas). Sa face sans originalité promettait l’ennui mais sa petite taille était une promesse de brièveté. Un supplice court vaut mieux qu’une lecture inachevée, me dis-je à moitié soulagée. Happé au pif et surtout à l’arrache, dans une bibliothèque familiale, le livret d’auteur dont je n’ai jamais ouïe, devenait la source de mes interrogations : Allait-il m’intéresser ? Me séduire ? M’émouvoir ? Meubler agréablement mon séjour tyrolien ? Me faire sourire ? Me faire fuir ? Ou juste encombrer mon sac à main ?

Le titre ordinaire « L’ami retrouvé »  ne m’avançait pas à éluder le mystère. Fallait donc y plonger mes yeux pour me faire ma propre idée.

Fred Uhlman y narre son enfance à Stuttgart sous le prénom de Hans. Rien de particulier ne se passe dans sa vie jusqu’à l’arrivée d’un nouvel élève dans sa classe, Conrad. Ce dernier nourrira l’imagination de l’auteur qui essaie de gagner son amitié et de séduire ce garçonnet, issu d’une lignée de chevaliers. La douce amitié décrite par Uhlman a quelque chose de poignant et de fort … Jusqu’à flirter avec les fondements du sentiment amoureux. La description de ce sentiment pur et profond avec ses lots de joies sobres et de blessures est l’essence du roman. A tel point, qu’ à un moment ou à un autre, le lecteur se demande s’il peut prétendre à une amitié semblable à celle décrite par Uhlman.

Passé l’essentiel de l’histoire, et pour les curieux des fins, la guerre séparera les deux adolescents et Hans sera affecté par le ralliement (bien que partiel) de Conrad aux idées hitlériennes puis par le décès de son ami ayant comploté contre Hitler. Le roman bien qu’autobiographique, on ne saura démêler le vrai de l’imaginaire : Peut être que Hans (donc Uhlman) voulait laisser à l'histoire une image positive et glorieuse de son ami qui jadis, ne l'a pas soutenu quand il était persécuté par ses camarades de classe pronazis.

Si vous avez quelques cordes sensibles à votre âme, le livre vous plaira. Et pour en revenir à mes impressions peu engageantes du début, je dirai (en reprenant une citation) qu’ un beau noyau gît parfois sous une piètre écorce.

Merci à Eva, une femme bien allemande et bien sensible, qui m’a prêté le premier livre qu’elle a lu en français.

DNR

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19 juin 2011

Where is the new in the old constitution ?

Pour bondir brièvement sur l'actualité et non des moindres, à savoir le projet de la nouvelle constitution marocaine, je ne voterai pas le 1er Juillet. Je ne boycotte pas le référendum, mais autant que RME je ne sais pas si les consulats (auxquels on va à reculons quand on a besoin d’un torchon malheureusement vital) ont prévu d’organiser quelque chose dans ce sens. En plus je pense que je dois être d’astreinte (encore). La situation est donc réglée.

Quant à la proposition de la constitution, contrairement à l’enthousiasme euphorique des médias français (à se demander si les éclairés sont aveugles) je n’y vois rien d’une monarchie parlementaire. Dans ce projet,  la monarchie se revendique encore comme une monarchie constitutionnelle traditionnelle (ou est donc le changement ?).  L’exécutif reste entre les mêmes mains. Maintenant reste à savoir si les marocains (conscients ou inconscients) veulent troquer un livre contre le même livre mais avec une couverture différente ?

Le seul vrai changement, est la reconnaissance (enfin) de l’amazigh comme langue officielle, au même titre que l’arabe, langue du coran. Il ne s’agit en effet que de ce que les grecques dérivaient comme une onomatopée, mais qui matérialise la reconnaissance (enfin officielle) de la culture amazigh. Quand tu es élève bérbérophone et que tu apprends à coups de bourrage de crâne à tes cours d’éducation nationale «Le Maroc est une monarchie dont la religion est islam et  la langue officielle est l’arabe » tu te demandes, enfant,  sans vraiment le formuler, où suis-je moi, mes parents et mes ancêtres dans cette constitution ? Les bouquins que le ministère de l'éducation nationale édite ne sont-ils pas un moyen de propagande ?

La riche histoire des premiers habitants de l'Afrique du nord ne se résume pas à leur langue mais à une petite échelle cette reconnaissance est importante.

Je fini avec un petit bijou musicale tout ce qu'il y’a d’amazigh en mode moderne. ICI. Bonne écoute

DNR

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18 juin 2011

Le droit reste courbe

Il était une fois, une contrée pas si lointaine que ça. Qui a fait sa révolution sanglante pour enfanter des valeurs pas si connes que ça. Dans cette terre d’égalité, un petit sultan régnait, aidé par des vizirs pas si intouchables que ça. Thémis gardienne de la justice, avec ses yeux bandés, ne distingue ni ceux qui sont à l’abri du besoin ni les sans-abris, ce qui n’est pas si con que ça.

Dans une cité de ce royaume, une vizir accompagna sa fille au souk pour acheter quelques tissus de quoi se couvrir le corps. De tous coloris, de tous continents, de tous styles et de toutes les coupes, les étales s’enorgueillissent de ce qui deviendra demain des haillons. Les nanas qui aiment le shopping ce n’est pas si récent que ça. Une marchande lança à ses copines quelques propos sur la garde rapproché de la dignitaire, ce que la vizir pris pour une insulte. L’histoire ne pris pas fin ici. Là où un blâme aurait suffi, l’employée fut virée du souk. Ce qui n’est si cool que ça.

La contrée des droits (plus si sûre que ça), était le théâtre de ce conte ou un vizir chargé de la formation professionnelle est à l’origine d’un licenciement. Cela rappelle un antécédent, celui du petit sultan, qui avait jadis insulté un citoyen qui ne voulait pas lui serrer la main. Ni excuses publiques ni remords ne s’en suivirent. Thémis n’est plus impartiale au vu et au su de tout le monde, ce qui n’est pas si normale que ça.

DNR

Décryptage : Lieux : Nancy, le souk : magazin Printemps, la vizir : Nadine Morano, Petit sultan : Sarko

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13 juin 2011

Le 3éme sexe

Ni homme ni femme ni gay ni eunuque ni travestis. Certains sont carrément émasculés, d’autres encore membrés, soit parce qu’ils ne sont pas prêt à passer le pas soit par manque de moyens financiers (c’est que ça coute une petite bagatelle de s’en défaire). Ces intergenres qui ont toujours existé (tant que l’humain existe tout coexiste, il suffit de voir), vivent en groupes pour mieux résister aux assauts de la société indienne (les réflexes sociaux sont valables partout).

La quête du pain déjà dure l’est encore plus pour eux. Certains vendent sans complexe ce corps d’homme féminisé à outrance. D’autres dansent pour quelques roupies ou mendient en menacent de lever leurs saris sur leurs entre jambes déformée par le scalpel (à moins que ça soit un couteau ou des ciseaux). Les hijras, tel est leurs noms … attirent, l’attention, le regard, le questionnement, ma curiosité. Et non des moindres, attirent les hommes. Entre soutiens gorges et pinceaux, le 3éme sexe se revendique sensuel au féminin avec une liberté sexuelle au masculin.

Pour vous imprégner de l’ambiance, immersion totale dans leur monde avec Arte. Vous n’avez que 7 jours pour revoir le reportage « des saris et des hommes » Ici avec en l’occurrence the most (je ne sais si je dois employer le ou la, usons donc d’une langue asexué) célèbre hijras d’inde Lakshmi Tripathi qui emploie, en fin de reportage, des mots simples et précis pour décrire sa vie.

Et comme il est coutume (ce soir, ça me soule les us) de finir par les questions qui me taraudent (depuis que j’ai appris que le XXY existe, je m'en mêle les pinceaux avec les différents sexes revendiqués par les gens) résumons en une seule question : L’identité sexuelle est-elle biologique ? Psychologique ? Intellectuelle? Sociale ? Pour ceux qui ont un parcours normale (toi qui lis, l’autre qui parcours en coups de vent et moi qui te parle), nés d’un sexe déterminé, élevés autant que tel et épanouis dans le X ou le Y, les choses sont simples. Et pour les autres ? Y-a-t-il des autres ? Qu’est ce qui fait que c’est des autres ? Qu’est ce qui fait qu’on est homme ou femme ou ni l’un ni l’autre ? Est-ce des questions utiles? Est-ce que je ne ferais pas mieux de chercher Morphée au lieux de chercher des réponses ? C'est que j'ai un jardin à désherber ce matin !

DNR

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25 mai 2011

Misez métèque, il rapporte

 - Le courrier international vient de publier un article controversé. Le titre aguicheur « Les très bons comptes de l’immigration » ne laisse pas indifférent. Reconnaissant pour les uns vu une très faible littérature dans ce sens, pure ragot pour les autres qui n’envisagent aucune contribution positive de l’immigration à l’économie française.

 Ainsi et selon une étude lilloise menée sur les chiffres de 2009, l’immigration  rapporte 12,4 milliards d'euros à la France. Ce chiffre rapporté au déficit budgétaire français de 2009 représente 8,9% (déficit à 138 milliards d’euros). Et si on le rapporte au déficit budgétaire optimiste voté pour 2011 (91,2milliards d’euros), il représente 13,6%.

 En détail, cela donne ceci :

  •      Les étrangers ont couté à l’état 47,9 milliards d’euros :

- retraites 16,3 milliards d’ €

- aides au logement 2,5 milliards 

- RMI 1,7 milliard

- allocations chômage 5 milliards 

- allocations familiales 6,7 milliards 

- prestations de santé 11,5 milliards 

- éducation 4,2 milliards.

  •     Les étrangers ont rapporté à l’état 60,3 milliards d’ € :

- impôt sur le revenu 3,4 milliards d’euros 

- impôt sur le patrimoine 3,3 milliards 

- impôts et taxes à la consommation 18,4 milliards 

- impôts locaux 2,6 milliards 

- remboursement de la dette sociale et contribution sociale généralisée 6,2 milliards

- cotisations sociales 26,4 milliards

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Disons plutôt qu'elle rapporte 60 milliards

 Selon la même étude, les immigrés exercent les métiers que les autochtones ne veulent pas, ce qui ne concorde pas avec les récentes déclarations de François Baroin « La France n'avait pas besoin de maçons immigrés, car elle disposait de la ressource nécessaire »

 - Ce qui est surprenant, c’est que ce chiffre de 12 milliards ressort dans une autre publication. En effet, un audit parlementaire datant du 11 mai 2011 déclare que « globalement la contribution au budget des administrations publiques des immigrés, en 2005, était positive et de l’ordre de 12 milliards d’euros. (…) Si on ramène ça par immigré, grosso modo la contribution nette d’un immigré, en 2005, était de 2 250 € alors que celle d’un natif était de 1 500 € » [page 67 de ce rapport]. (Les données sur le PIB sont citées pages 69 et 70). Ce qui donne matière à réflexion.

 - Bien qu’il ne s’agisse pas d’une même étude et donc une méthodologie de travail différente, peut-on nous aventurer et remarquer qu’il existe une progression de la recette migratoire qui est passé de 12 milliards en 2005 selon l’audit à 12,4 milliards en 2009 ? A prendre avec précaution bien sur mais à noter tout de même.

 - Dans le même registre positif, le conseil d’orientation des retraites avaient déjà déclaré en 2010 qu’ « augmenter les entrées de 50 000 personnes par an réduirait le déficit des régimes de retraites d’un demi-point de PIB »

 En conclusion, aux défenseurs de « la préférence nationale » (terme outrageux, dont l’existence même dans le vocabulaire politique d’un pays qui prône l’égalité ne semble choquer personne) et à une certaine droite pusillanime qui se range du coté des Lepéniste pour séduire l’électorat FN, trois chiffres sont à retenir : 12,4 milliards d’euros de « recettes migratoire », 2250 euros par « tête immigrée » contre 1500 pour une « tête autochtone ». Comme le dirai Fox Mulder, la vérité autour de l'immigration est ailleurs que dans les slogans FNiste et des déclarations politiques de la droit.

 DNR

                                En effet, ouvrons les yeux

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01 avril 2011

Conversation vénusienne I

Les deux créatures sirotaient une liqueur d’un gris douteux dans laquelle flottaient des vermicelles en mouvement. Ils regardent au loin la planète bleue d’un l’air de glandouille mais ils cogitent sur le devenir de l’homme.

-          Il parait qu’ils s’entretuent encore.

-          Et pourquoi le sang coule-t-il cette fois-ci ? (Libye)

-          Toujours les  mêmes raisons. Les uns se battent pour la liberté et rejettent les symbioses imposées, les autres veulent garder le pouvoir, certains récupèrent le liquide noir, et les ravitailleurs arment tout ce beau monde pour une poignée de papier imprimé de la tête de Lincoln. C’est comme la savane, chacun son met.

-          J’ai ouïe dire qu’ils ne paniquent pas à cause des fusions nippones et même la bourse ne plonge pas. (Fusion des réacteur nucléaires à Fukushima et stabilité des indices boursiers)

-          Leurs têtes de pyramide jouent des médias comme des marionnettes. (Les présidents à rassurer les brebies)

-          Y a pas à dire, c’est des vaches à lait !! (Les impôts qui augmentent en France)

-          Oh, ils sont chargés comme des mulets par les exigences de leurs vies.

-          Moi ce qui m’étonne, c’est qu’avec tout cela, ils trouvent le temps de se détester. (Le FN)

-          Des lepenistes qui surfent sur la vague ça a toujours existé. L’autre c’est l’enfer disent-ils. Cela dit c’est inquiétant pour leur avenir.

-          D'ici là, ils seront rodés pour la guerre, ils s’entrainent tout le temps, depuis l’aube des temps.

-          Je te trouve injuste envers cette espèce, j’ai de l’empathie pour eux.

-          Notre espèce compte quelques individus, la guerre, la haine, les querelles énergétiques, les impôts sont du luxe qu’on ne peut se permettre.

-          Certes, ils prolifèrent d’une façon lapinesque et ils se cherchent des poux au lieu vivre en harmonie mais je te signale que c’est la seule espèce qui peut pleurer, et ça, ça me touche.

-          Ce serum salé qui coule de leurs yeux !! Werber avait raison, ils ne sont pas étanches, ils coulent de partout, et de diverses couleurs, d’ailleurs les femelles sont moins étanches que les males.

-          Notre hermétisme nous dessers, ne dois-t-on pas nous tailler la chaire pour évacuer ce jus et garder cette vermicelle dans nos corps ?

-          A 326 ans et à force de boire, je ne sais plus ou me tailler mon ami.

 Les deux créatures se taisent brusquement et chacune plonge dans ses pensées .. hermétiques.

DNR

 

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30 mars 2011

Le géant modeste

En proie à une vilaine hypotension, mon corps flottant traine ces cinquante kilos d'une journée à l'autre sans pouvoir créer. Je me force ce soir à aligner des mots et raconter une histoire parmi celles que j'emmagasine dans un taku tsubo et qui ne demandent qu'à vivre en dehors de ma mémoire.

Sans simagrée, l’homme géant de taille et d’exploits, pénétra la salle avec des pas fermes et assurés. Le dos courbé par 86 années d’âge qui n’ont pas entamé une carrure semblable à celle de Yann Torpe, le professeur impressionnait. Je ne l’avais à vrai dire jamais vu, son illustre nom me parlait plus que la vie qui se cachait derrière. Pourtant je le reconnu …  instantanément … comme s’il était inscrit dans mes gènes de reconnaître la légende vivante de la chirurgie cardiaque.

J’accompagnais sa svelte silhouette d’un regard tout d’abord tendre puis admiratif. Rétrospectivement, l’affection que je lui porte m’est inexpliquée à ce jour. Je cherchais avec curiosité les traits de ce visage dissimulé par la lordose qui l’oblige quelque peu à baisser le regard. Le visage étant le reflet de l’âme, je scrutais, avec un intérêt intuitif, ce visage zen et apaisé, duquel se dégageait un sourire marquant … à la fois contenté et triomphant de la vie. Tel était l’essence de cette âme, me dis-je.

Ce montre de modestie, souriait en réponse aux éloges flatteuses largement méritées, que l’orateur usait pour présenter celui qui n’a plus besoin de l’être.

De la mémoire Cabrolienne, surgissaient tour à tour Lillehei, Shumway et Barnard le sud africain. Ces pionniers des années soixante, racontés par ce pont vivant, nous semblaient proches et actuels. Le sourire inaltérable, il fit son cours et s’éclipsa avec l’humilité des grands dont le nom seul fait la renommée.

DNR

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