20 septembre 2009
جاءَ القمرُ جاءَ العيدُ
نزهة ومليكة تتمنيان لكم عيداً سعيداً مدونين كنتم أوعابيري سبيلٍ
05 septembre 2009
L'homme girafe
Il était une fois, dans les plaines généreuses du Serengeti, une jeune bête au long cou, qui se délaçait avec grâce sur ses grêles pattes (pur chef d'oeuvre de phlébologie) piétinant l'herbe courte. Le mammifère tacheté vivait en paix, aucun prédateur ne se serait aventuré à déranger la quiétude de cet animal juvenil aux proportions voisines des créatures du crétacé. Ainsi, la girafon mâle nommé Boumkou se dandinait avec nonchalance entre les acacias.
Le rejeton girafe fréquentait l'école de la savane avec d'autres rejetons animaliers de son âge. Aucun chenapan n'osait lui voler son goûter, ni le pousser dans la cours de la récre. Cela dit, le Gulliver de la cours était parfois desservi par sa taille. Ainsi, il ne pouvait jouer à cache-cache avec ses camarades lilliputiens, ni même au téléphone arabe : perché à des mètres du sol, les garnements n'arrivent pas à lui chuchoter quoi que ce soit à l'oreille. Qu'importe, Boumkou était de nature joyeuse et ne se laissait pas abattre par ces petits désagréments. Et s'il mettait à profit ses 7 vertèbres cervicales au lieu d'en subir les conséquences ... Se disait-il , pensif dans le brou-ara joviale de la récréation.
Ainsi le girafon à peine sortie de l'école, qu'il s'empressait de rejoindre ses parents dans les vastes plaines du parc. Là, au milieu de nul part, il "jetait" son regard comme un pêcheur jetterait son filet à la mer nourricière, et il vit d'un regard nouveau la plaine qui la vu naître. Il se lança un défi, celui de d'observer ses semblables jusqu'à la limite de l'horizon. C'est ainsi qu'au loin, très loin, il vit les impitoyables femelles hyènes aux attributs masculins (testostérone oblige) guettant la mort comme le fait si bien le croque mort de Lucky Luck. A l'ouest, un troupeau de gnous et quelques zèbres broutant l'herbe grasse de la saison. A l'est, un groupe de singes qui avaient dédaigné jadis à descendre de leurs arbres pour devenir des erectus. Restés primates, ils se prélassaient sous l'ombre des feuilles par cet après midi propice aux séances de dépouillage mutuel. Boumkou dirigeait enfin son regard vers le sud, se tenait là la montagne sacrée des hommes rouges : le kilimanjaro, "le sencturaire" natuel des massaî. Pour combien de temps le sommet de ce relief tellurique serait enconte enneigé dans ce contexte de rechauffement climatique se demandait Boumkou, c'est qu'il apprend des choses le girafon à l'école de la brousse !! Perché sur son atlas et son axis (nom des 2 premiéres vertèbres), l'animal distinguait des homo sapiens tout de rouge vêtus (Si on considére qu'ils sont vêtus .. enfin ils le sont certainement plus que certaines tribus amazoniennes). Ils gravissaient sous un soleil de plomb la montagne qu'ils appelent la maison de leur dieu Enkai, en pelrinage vers des lieux mysthiques où le sang de bovins coulera à coups sûr de leurs jugulaires pour nourrire ces utes d'afriques. Boumkou amusé par cette file humaine se demandait comment on s'étonne encore que les kenyians aient le monopole des longues distances aux instances sportives mondiales.
Maintenant, le girafon voulait voir plus loin que cette savane et cette montagne, plus loin que ce micro-monde pourtant si riche. Il veut voir le monde ... celui décrit dans ses livres scolaires, il veut voyager à travers le globe terrestre miniaturisé dans son taille crayon (ustensil qui faisait rougir de jalousie son copain ara déjà rouge ... oui y'en a pas en afrique, mais ses parents ont dû fuir les favelas du brésil trop dangereuses pour leur petit oisillon). Boumkou avait la tête qui tournait avec ses histoires de globe. Il faut choisir un pays se dit-il ... Et pourquoi pas le Japon ? Depuis le temps que sa professeur de géo bassine ses éléves avec le pays du soleil levant et son histoire séculaire (c'est une panda bien sur, un peu lente mais bonne prof, même le rhinocéros, cancre de la classe en attesterait). Et depuis que Boumkou s'est farcie le roman "j'ai faim" d'Amelie Nothomb, il se paierai bien une soirée avec une geishas ou même une maiko. Qu'est ce qu'il ne donnerait pas pour approcher ces hôtesses nippones hors de prix, toutes de blanc fardées et de vertue historiquement douteuse. Malheureusement du haut de ses 3 ossicônes, Boumkou ne pouvait voir plus loin que le sommet du kilimanjaro. Le girafon n'avait même pas de shilling kénian pour voler et percer les nuages sur ces drôles d'oiseaux de métal qu'on appele avions. Que faire? Maintenant que l'idée a germé dans sa petite tête, elle l'obséde, elle le hante, quand il ferme les yeux il ne voit que des yeux bridés et des drapeaux nippons, des ronds rouges partout, sur un fond neutre. Plongé dans ces pensées asiatiques, la solution vint, eureka, Boumkou gambadait sur herbe, eureka !! Il demandera à ses parents l'argent du livret A, c'était le sien, c'était prévu pour payer ses études universitaires, mais il le voulait maintenant cet argent, de toute façon avec la crise il n'est rémunéré qu'à 1,25%, autant en profiter now.
C'est ainsi que de fil en aiguille, le mamifére se retrouva à l'aéroport, puis sur le coucou volant, puis par erreur en europe au lieu de l'asie. L'hôtesse de terre, une blonde, s'est trompée en notant la destination désirée. Une grossiére erreur de frappe ... C'est con mais ça arrive dans les fictions. Le girafon "citadiné" se retrouve donc à Strasbourg. Perdu en alsace dont il ne connaissait rien, il erra dans les rues de la métropole des jours et des jours. Les citadins le virent d'un mauvais oeil. Que fait cette bête loin du zoo d'Amneville se demandaient-ils. Peut être que c'est la camera cachée, où pire, peut être que c'est Jean-Yves Lafesse déguisé en girafe préparant un nouveau gag de mauvais goût comme il en a le secret. Les strasbourgeois étaient décidés à ne pas participer à un micro-trottoir et ignoraient le girafon. Perplexe Boumkou avançait la tête haute (ben, il n'a pas trop le choix, la tête baissée il ne verrait que dalle).
Bientôt, le mamifére tomba sur l'ille, ce bras acquatique qui désaltére la ville. Enfin un bout de nature dans cet univers de béton et de chair humaine s'écria-t-il. Derriére ce bras de l'ille Boumkou découvrit effaré le siége d'ARTE, rien que ça !! Sa chaine de télévision préférée. Avec nostalgie, le girafon désabusé par son aventure, se souvenait de sa loitaine et sauvage savane, d'où il suivait les programmes culturels de cette chaine. C'est d'ici que tant de savoir (mais aussi quelques conneries, question de goût) diffusait dans le monde, jusqu'en afrique (pour ma part, jusqu'au maroc je me suis dit en découvrant le lieu). Boumkou remarqua une estrade devant ce batiment, et s'il scruptait l'horizon sur cette plate-forme à la recherche d'un indice, l'asie est loin mais peut être en verra-t-il un indicateur ou carrement un bout, soyons fou. Le girafon enjamba l'estrade et comme jadis "jeta" un regard au loin ... Déçu, la girafe mâle ne voit que des immeubles à perte de vue. Angoissé par l'idée de ne plus revoir la terre mère d'afrique, ses géniteurs, son foutu compagon de classe d'ara et toutes ces bêtes qui peuplaient son quotidien, angoissé par cette vision urbaine, la cloaustophobie n'acquit soudainement et s'empare de l'esprit de Boumkou le mamifére libre. D'une crise de panique le girafon est pris et resta prostré de peur sur sa plate-forme devant le siège d'ARTE. C'est ainsi que devant ce dit siège, une statue de girafe mâle "citadiné" orne l'entrée, statue qui a soulevé dans mon esprit curieux la question de son origine. Pour apprivoiser cet interrogation je n'ai trouvé autre chose que de capturer en photo cette représentation incongrue et curieuse. Démarche qui s'est averée insuffisante au bout de quelques semaines, où l'interrogation m'interpelle toujours, j'ai donc imaginé cette histoire pour donner un sens à cette statue et fermer "ce dossier". A la fin de ce récit imaginaire, je suis presque soulagée, plutôt débarassée de la question parasitaire qui s'est imposée à moi quand j'ai vu ce machin : "qu'est ce que c'est que ce truc?".
DNR pour Loucky
On aurait mieux fait de l'habiller en nana vu qu'il n'a que 2 cornes
24 juin 2009
Les Ray-Ban et la casserole
En pleine flânerie post-prandiale et sans l'avoir prévu ... j'étais exceptionnellement en arrêt (rarement en position stationnaire dans la vie et dans la rue) devant une grande enseigne d'optique. Mon regard lunatique et "lunnetté" n'était pas éparpillée pour une fois et j'épilais avec une certaine concupiscence les quelques modèles aviator du présentoir des Ray-Ban. Une paire de solaire Prada s'affichait outrageusement avec les aviators, cet emplacement erroné m'irritait mais dans une tentative réussie d'auto-soin je gommai l'information de ma rétine en me disant que je n'étais pas une employée du magasin et que je n'avais pas à tenir l'étale dans un état frôlant la perfection.
Mais pourquoi l'effigie du "Never Hide" m'hypnotisait autant? Elle me rappelait mon enfance : mon paternel avait une paire verte qu'il affectionnait tout particulièrement (brisée dans les années 80). A l'époque, avec ma sœur, on trouvaient le design de ces Ray-Ban pourtant à la mode très ringard : elles étaient grandes ... sombres ... envahissantes et sans esthétisme pour nos regards carrés d'enfants, comme l'aurait été la robe ballon d'une pin-up. Bref, les aviators, c'était définitivement du rétro. Mais c'est sans compter sur le caprice du temps qui fini par vous faire changer d'avis. C'est ainsi, que sans crier gare, depuis quelques révolutions lunaires, je suis tombée amoureuse des aviators que je cherchais à acquérir. Au-delà de ce désir individualiste de propriété nourrit par l'amour d'un objet, il y'avait dans cette émergence du passé une tentative incontestée et manifestement tardive d'un enfant voulant ressembler à son parent, coups classique de pédopsychiatrie dira-t-on, à moins que ça soit un vœu de rester quelque part en mode pause dans certains doux souvenirs de l'enfance ... Qu'en dirait Freud? Hé Ho !! Cet homme n'est plus de ce monde, et sa réponse ne viendra point éclairer qui que ce soit. J'étais maitresse de mon destin, penseuse et actrice de mes caprices (à supposer que s'en était un). J'ai finalement acheté l'objet de ma convoitise étant plus que ravie qu'un modèle adapté à ma taille mini soit en vente. Dans ce flot de réflexions, j'avais omis le détail du prix, qui était conséquent en ce temps de crise. En six secondes (pas sept ni neuf) je décidais que cette dépense allait être faite ... Point. Et elle fût.
Sur le trajet du retour, je me suis rappelée que sur ma vraie liste de course figurait l'achat d'une casserole ... achat de nécessite secondaire ... d'assez contingent au final. L'achat d'une casserole !! Cela manquait tellement de glamour (pour aujourd'hui du moins) !! En six secondes, je décidais que la babiole de cuisine attendra un autre jour, un jour plus ordinaire. Un jour où la motivation de l'achat d'une Ray-Ban 8301 ne trouverait pas ses sources dans les racines profondes insoupçonnables. Un jour où un simple objet (matériel et donc tout con) bien que tendance "nourrirait" bien plus que le simple désir superficiel d'emplette. Comme dirai Fox Mulder : la satisfaction était ailleurs.
DNR
Quand l'objet n'en est plus un !!
21 juin 2009
Silence, ça chante
Philippe Bouvard disait que la fête de la musique était une réussite car elle garantissait 364 jours de silence par an ... pas sur qu'il ait raison. Pour fêter le do-ré-mi, je vous ai choisi un des plus beaux clips de la reine du pop, sulfureuse et éternellement jeune malgré ses 51 étés, Madonna semble avoir trouvé sa fontaine de jouvence. Louisa soulève quand même beaucoup de questions du haut de ses 1m62 ... Place au chant d'une femme controversée.
DNR
Cliquez ici pour voir et écouter Louisa chanter "love profusion"
17 juin 2009
Il est temps de lever le pied
Saturée en cette moitié de juin, de ma sensibilité, de ma dureté, de ma solitude, des encéphales vides, de ces vies superficielles, de la constance de la logique masculine occidentale, de l'anergie, de la bêtise humaine, de la pénétrance de ces gènes de prédiction de mortalité précoce accroissant les risques cardiovasculaires dans ma famille et je sais désormais que je n'y échapperai pas. Saturée de ces idées embryonnaires qui naissent par milliers dans mon cerveau à un rythme effréné sans qu'elles ne voient le jour de leurs accouchements souvent imminent. Telle une éponge, mais vertébrée terrestre, qui aime rester sèche et à jour, à ce jour, j'ai absorbé ce qui commence à
me gonfler et titiller les limites de l'insupportable et de l'irritant. Imbibée de l'indésirable qui pollue le désirable, marre de gober les bobards des gens effrontés, je me retire un temps indéterminé, le temps de la réflexion rapide mais profonde, le temps de passer à d'autres choses, le temps de redevenir une femme banale qui pense banal.
DNR
[A la mémoire de tous les membres de ma famille, jeunes ou âgés, décédés d'infactus ou d'AVC. Une pensée aux vivants porteurs de cardiopathies plus ou moins avancées]
Il est temps de lever le pied ... le gauche, pourquoi pas.
05 juin 2009
Amours désenchantés ... Brouillon de post.
En
ce mois de juin, prometteur de je ne sais quoi
soyons « zéphyriens »
Célébrons
avec l'art lyrique,
Le
désenchantement de l'amour
À
défaut de célébrer l'amour tout court
Pour
cet exercice périlleux
D'apparence
déplaisant, à posteriori plaisant
Rien
de mieux que le texte d'un compositeur allemand
Pas
très chevelu malheureusement pour son peigne
(Ceux
qui me connaissent vous le diront, je fais fixette sur les capillaires)
Chanté
par deux belles voix de soprano de l'ex pays de Gorbatchev
(Je me rappelle de la tache de vin qui surplombait sa pelade comme de ma première barbie Véronique ... celle de ma sœur s'appelait Flamengo)
Au
grand dam d’Hoffmann …
Aussi
con que ses pattes euh … aussi candide que ses semblables poètes.
Bonne dégustation auditive cliquez ici pour la bande
Avec deux paires de cordes vocales de l'est (rien que ça pour être heureux)
Chantant un certain imaginaire d'Offenbach
PS : Décidément, il ny’a que l'art qui sache faire
son miel de toute fleur
Même des plus stériles d'apparence
Simulacre de certitude ... autant pour moi !!
DNR
Belle
nuit
Oh nuit d'amour
Souris à nos
ivresses
Nuit plus douce
que le jour
Oh belle nuit
d'amour
Le temps fuit et
sans retour
Emporte nos
tendresses
Loin de cet
heureux séjour
Le temps fuit
sans retour
Zéphyrs embrasés
Bercez-nous de
vos caresses
Zéphyrs embrasés
Bercez-nous de
vos caresses
Donnez-nous vos
baisers
Bercez-nous
De vos baisers
Bercez-nous
De vos baisers
Belle nuit
Oh nuit d'amour
Souris à nos
ivresses
Nuit plus douce
que le jour
Extrait de l'acte 4 des comtes d'Hoffmann
21 mai 2009
Galerie céleste
Quand vous êtes excédé d'observer vos semblables bipèdes dont la logique relationnelle vous échappe parfois, même si vous êtes de la même espèce.
Quand la beauté des prés verdis jalonnant les nationales ne vous suffit plus.
Et quand le vert sale de la Moselle vous voile la vue et vous empêche de voir dans son extrême beauté les cygnes blancs qui y barbotent en compagnie de quelques déchets humains.
Portez votre regard vers la voute céleste. Pour vous émerveiller, de ce qui pend, en silence, sans effort, mais par la simple logique des masses (et donc de la gravité), dans l'univers (sans forme) qui surplombe les encéphales dans une ignorance choquante. La beauté messieurs dames n'est pas que terrestre ni humaine.
Je vous propose de visionner les images de certaines nébuleuses qui se démarquent à mon sens de leurs sœurs par leur esthétisme singulier. Mais qu'est ce qu'une nébuleuse?
Il s'agit d'un simple amas de poussières et de gaz diffus, de faible densité, qui forme la matière interstellaire. Une sorte de nuage situé ici et là dans l'espace infini. A cet égard, une nébuleuse peut être considérée comme l'objet céleste primitif par excellence, mais ce n'est que fausse apparence. Sans trop entrer dans des détails qui n'intéressent que les amateurs du ciel et donc détails qui risquent de vous barber, passons à ce qui risque de vous intéresser potentiellement (des fois qu'on ait pas les mêmes goûts, même si la beauté est universelle).
Images à consommer sans modération avec quelques airs D'offenbach ou dans un autre registre des airs d'Ida Corr.
Zeus a bien fait de transformer Orion, le beau chasseur, en une nébuleuse, ma préférée
Les rapaces n'arborent pas que le ciel terrestre, l'aigle sait comment capturer le regard de ses proies
L'œil du chat. Dubitative ... où est l'œil? Où est le félin?
Tête de cheval. Obnubilée par la lumière violette, il m'a fallut quelques mois avant de voir l'équidé
Bulle de savon étirée faisant office de la nébuleuse étrange IC4406, dommage qu'elle n'ait pas de nom. On dirai un cocon illuminé de l'intérieur ...
Je l'aurai appelé le cyclope mais elle s'appelle le sablier ... ça me rappelle qu'il est temps de vous laisser chers lecteurs pour des tâches plus "terre à terre" (la machine à laver fait de drôles de bruits !!)
DNR
11 mai 2009
Elucubration dominicale
Soudain, en plein après midi du mois de Mai, il pleuvait des cordes. Les gouttes d'eau produisaient des symphonies brutes sur le volet de ma fenêtre, fermée en plein jour. Sortie de ma concentration, j'abandonnai des yeux l'énième film que j'engloutissais de la journée: "The dead girl" et je quittai mon lit où j'allais bientôt prendre racine, pour m'assurer que cette pluie n'était pas qu'une "ouïe" de l'esprit. En levant à peine le volet par quelques tours de manivelle, je vis un ciel devenu gris qui pleurait toutes ses larmes. L'asphalte du parking en portait les trace. Les canalisations qui traçaient des lignes sur le bâtiment d'en face regorgées d'eau. Au coin, deux femmes, debout, d'un âge incertain, scrutaient, avec le plus haut intérêt, les sacs poubelles déposés là par les riverains. Les gitanes au teint mat, ne semblaient pas agacées par les caprices du temps lorrain. Elles abordaient bientôt les objets de leurs convoitises. Une tsigane se saisit d'un sac noir que je reconnu immédiatement. C'était le malheureuse besace qui avait séjourné dans ma cuisine trois jours et que j'ai fini par descendre, par nécessité, à minuit passée (mon heure de gloire). La bohémienne curieuse tenait l'objet entre ses mains et semblait le peser (en professionnelle) pour évaluer l'importance de sa prise. Manipulé, le réticule me paraissait d'un coups léger alors que je dûs, la veille, déployer des efforts pour le porter dans l'ascenseur. La dame approcha le sac de son nez puis d'un coups le repoussa. Son regard se porta ensuite sur un carton (vestige de mon déménagement récent), elle l'examina sous toutes ses coutures avant de le reposer délicatement. Mes déchets ne semblait pas intéresser la manouche qui réexplora un autre carton, d'où elle sorti au bout de quelques minutes de recherche un objet luisant qu'elle regarda avec soin. Valait-il la peine d'être emporté? Semblait-elle se dire. La montre ou le porte clé trouvé (excusez ma myopie) fini par avoir les faveurs de la gitane qui rejoint son amie absorbée, de son côté, par une trouvaille intéressante. Puis les deux romanichelles disparurent derrière un mur. Je décidai d'épier d'autres scènes devant mon écran après mettre rendue compte que j'avais observé deux bonnes femmes alors que je n'observe d'habitude que les patients.
Le lendemain, en passant devant l'endroit de la scène, je découvris les sacs éventrés, laissant apparaitre des haillons colorés, des chaussures d'enfants et des boites en bois éparpillés ici et là. C'était donc ça le butin de la deuxième bohémienne. Parmi tous ces déchets, pas le moindre débris organique, ce qui confirmait la théorie d'un de mes anciens maîtres d'école : le degré de développement d'un pays est inversement proportionnel à la quantité de déchets organiques des baines à ordure du pays. A y regarder avec du recul, tous les sacs étaient à nus sauf le mien. Sacré besace organique !
DNR
19 avril 2009
Insomnie
L'horloge affichait fierement cinq heure du matin. La matinée dominicale était née et s'avancait .... d'une régularité affligeante.... inexorablement vers l'aube. Les lumières éclairaient de leurs faisceaux pour résister à l'ombre nocturne. Le flux nerveux qui parcourait mes neurones ne semblait pas vouloir s'arrêter quelque part dans cet encéphale en éveil. J'entrainais avec moi, dans mon insomnie, les appareils suseptibles de capter une quelconqu' onde hertzienne. La musique sollicitante qui s'échappait de la télévision entretenait l'état d'éveil de mon esprit déjà alerté. Quant au transistor, il diffusait des mélodies rteliennes entrecoupées par des décibeles humaines, qui me reliaient au monde, en temps réel. J'étais en proie à une envie folle de faire couler de l'encre, de noricir des pages, de fistuliser ses idées, envahissantes, qui foisonnent en moi telle une forêt de varech ... Au bout de quelques lignes pourtant encourageantes, ces envies de création, naives, impersonnelles et désinteressées se trouvent avortées ... sans recours à la RU 486. Quel était la nature de cette vilaine carie qui me rongeait de l'intérieur ? Une incisive ? Une canine ? Peut être juste une molaire ou même ma seule dent de sagesse ? ... Aprés quelques minutes de réflexions stériles, je sens la fatigue gagner enfin les muscles de ce corps infatiguable. Mon cerveau, ralenti, suivra, lentement mais surement cette tendance léthargique oh combien salvatrice. Le jour perce les nuages et des oiseaux célèbrent joyeusement avec moi l'arrivée tant attendue de cette lassitude physique et cérébrale. Morphée est comme la femme que je suis, il sied de ne pas le faire attendre ...
(Pour ceux qui n'ont pas compris, je n'ai de carie dentaire que mon mail, il s'agissait d'une métaphore renvoyant vers des problématiques insidieuses sans noms de celles qui vous empêche de dormir)
DNR
13 avril 2009
Le monde tourne-il rond ?
Les médias me larguent au bord de la nationale A4. Entre les déclartions d' Obama et de Berlusconi en passant par la corrosivité de l'émission de Ruquier je ne sais plus si le monde tourne rond ou carré.
Tout commence le jour de pâques. Rentrée de vacances du bled, je me laisse choir sur le canapé pour regarder la télé et tromper l'ennui de la solitude française.
- Barak déclare -présidentiellement- qu'il aime sa progéniture (comme s'il pouvait en être autrement) raison pour la quelle Houssine leur offre un chiot ..... avait-il besoin d'une tribune et des caméras pendues à ses lévres pour receuillir à la source des sottises ? L'histoire ne prenant pas fin ici, le canin serait un cadeau du sénateur Ted Kennedy, l'offrande politique ne peut qu'être acceptée. Les Obama avaient déclarés auparavant vouloir adopter un chien abondoné (la charité, ça fait toujours bon effet). Le cadeau "politique" ne pouvant être refusé la famille fera un don à une association de protection animalière. Personne ne sera vexé, ni les Kennedy, ni les filles Obama ni la race canine.
Si l'entrée d'un canin (chien d'eau portugais, ne mourrons pas bête au moins) à la white house s'aparente à un fait politique qui fait la une des médias mondiaux je n'ose imaginer ce que George Washington penserait de ce qu'est devenue la politique aux states. On pourrait même se demander à quand un Rushmore des chiens "présidentiaux" ?
- Silvio d'un âge improbable (sous l'effet du scalpel, du botox ou du fil d'or, saura-t-on jamais), arbore une discrete calvicie nuancée par des capillaires qui n'ont pas l'air de vouloir pousser depuis quelques mois, a raté encore une occasion de se taire. Il déclare à propos des sinistrés du séisme : «Il ne leur manque rien, ils ont des soins médicaux, de la nourriture chaude... Bien sûr, leur abri actuel est tout à fait provisoire mais justement, il faut prendre ça comme un week-end en camping». Moral, l'echelle de Richter et camping font bon ménage. Pensez-vous que l'esthétique nuit aux neurones ?
- Ruquier invite Erika Moulet à son show du samedi soir. Paradoxalement Laurent et les deux Eric (Zemmour et Naulleau) d'habitude acide dans leurs critiques, étaient plutôt charmées par le journaliste de LCI présentée par Ruquier sous son plus bel angle, à tel point que les propos de Laurent auraient jalousés un éventuel compagnion. Tout au long du l'interview, on a essayé de réduire Erika à l'image de la femme intelligente qui sort du lot des journalistes des médias français, ressemblant plus à une heroine de mangas qu'à un produit féminin intellectuel aseptisé et modelé à la française. Erika n'a pas branché et je pense même qu'elle était surprise de la teneur quelque peu "blonde" de l'interview. Comme si le message final était "sois belle et parle" signe que le machisme un peu évolué.
La bonne nouvelle c'est la découverte d'un Guy Carlier amaigri. Cela attise quand même ma curiosité médicale, Guy a été anneauté ? bypassé ? ou tout simplement a-t-il suivi un régime draconien comme semble le laisser croire quelques infos sur le net ? Si c'est le cas, chapeau bas Guy, voilà au moins quelque chose à apprécier chez lui.
DNR
10 avril 2009
Les aventures de Maati : la prière funéraire
Quelque part dans une artère de Casablanca. Un directeur d'entreprise échoué par l’effet de son surpoids sur le siège arrière de sa quatre quatre noire. Au physique androgyne mais enfantin, on avait du mal à le cerner (probablement dans les deux sens du terme). D’un style vestimentaire « autre » il ornait ses chemises griffées d’un noeud papillon le plus souvent de couleur pourpre. Ses chemises cachaient mal son abdomen proéminent. Il retenait son pantalon court vu qu’il faisait à peine 1 mètre et demi et quelques poussières par des bretelles qui me rappelait avec nostalgie ces petites bandes élastiques que mon père avait offert à ses deux filles jadis enfants. Ce nanti poupin affichait la mine des mauvais jours, affligé par le décès de son ami. Derrière ces vitres teintées, Maati (on l'appelera ainsi pour garder l'anonymat) était mal installé dans ce siége de cuir noir et on devinait qu’il respirait mal mais il ne s’en rendait plus compte vu que son obésité ne date pas d’hier. Ils roulaient sous la chaleur de la ville vers une déstination inconnue. Son chauffeur déposa la comptable qui les accompagnait devant une banque flambant neuve, sans doute avait-elle à régler quelques affaires pécuniaires dans ce bâtiment.
Le chauffeur allait bientôt être assailli de questions de la part de son patron qu’il voyait à peine à travers le rétroviseur (à vrai dire le conducteur ne voyait que la calvicie avancée de son employeur). Maati, la cinquentaine passée et pas encore haj demande d’une voix grasse mais élégante : à quelle heure à lieu la prière de la mi journée ? A midi 45 ? Oui monsieur rétorqua le conducteur. Et quand se déroule la prière funéraire après ou avant la prière collective du Dohr ? Redemanda le passager arrière. Puis il s’engouffrèrent par nécessité dans la circulation oppressante de Casablanca.
J’imagine un bref instant l’incompréhension et l’affolement de Maati quand il découvrira devant lui tous ces prieurs en position verticale qui ne se prosternent pas. La façon de prier aurait-elle changé en quelques années ? Les consensus auraient-ils changé sans que j’en sois au courant ? Pourtant je n’ai jamais quitté le pays (bon je suis allé en Tunisie mais ce n'est pas vraiment quitter le pays). Etais-je dans le vrai quand je priais ? Ou tout simplement en homme intelligent et vif il aurait suivi la masse et comprit de lui-même au bout de quelques versets du coran et surtout quelques minutes d'obseravtion. Mes questions restent sans réponses mais je suis sure qu’il me l’aurait raconté comme un enfant effaré racontant une anecdote incroyable avec un sourire spontanément innocent, cela dit, l’aurait-il fait avec ou sans pudeur ?
DNR
29 janvier 2009
Je tire ma langue à Cupidon, Valentin, Eros et compagnie
Aussi libre que l'électron unique d'une particule d'hydrogéne, célibataire ayant un peu marre des états d'ionisations, cherche en vain une particule subanomique complémentaire nomée proton. "Mars et Venus se rencontrent" ne me servant à rien pour le moment (autant avouer que je n'en suis qu'à la 48éme page sur 412 .... pfff le livre finira par squatter mon bureau sans gain de cause). Les bonnes soirées pas loin de la moselle et l'alzette partagées avec quelques homos sapiens (supposés pensants avec le qualificatif de sapiens) triés au volet n'aboutissant pas à un quelconque prémice d'encrage (pour une fois que la claustrophobe que je suis veut bien restreindre son espace vital). L'objet de ma convoitise non encore trouvé, j'ai décidé de me fâcher avec Valentin le saint, je tire ma langue d'avance à sa fête, et d'emm... Cupidon qui a oublié de tirer sa flêche, mauvais archer !! Bon à repasser son contrôle technique ou demander un bonus ecolo pour son arc mité qui n'est plus de toute jeunesse. Je conchie Eros ... l'impuissant ... apparement resté bloqué dans son antiquité. Encore une histoire de pif ... avec ces phéromones inactives dans ce milieu devenu septique. J'en reste baba de toutes ces histoires...
Pas encore au stade de détester les couples comme la foliche d'Anaïs qui a su trouver les mots justes pour chanter le burlesque de l'état amoureux. A passer en boucle sans modération. DNR tire sa langue à cupidon, Valentin, Eros et compagnie.
Ca dégouline d'amour,
C'est beau mais c'est insupportable.
C'est un pudding bien lourd
De mots doux à chaque phrase :
Elle est bonne ta quiche, amour
Mon coeur, passe moi la salade
Et ça se fait des mamours,
Se donne la becquée à table
Ce mélange de sentiments
Aromatisé aux fines herbes
Me fait sourire gentiment
Et finalement me donne la gerbe !
Je hais les couples qui me rappellent que je suis seule,
Je déteste les couples, je les hais tout court !
Refrain
C'est un épais coulis
Ca me laisse le cul par terre
Autant de mièvrerie
Nappée de crème pâtissière
Coucou qu'est ce que tu fais mon coeur ?
La même chose qu'y a une demie heure...
J' t'ai appelé y a cinq minutes mon ange mais ça répondait pas ...
Alors j'm'inquiétais ... Alors j' t'ai rappelé ...
Pour la douzième fois de la journée ...
En niquant tout mon forfait ...
Qu'est ce que tu fais mon adoré ?
Ouais je sais on se voit après ...
Bon j't'embrasse fort hein mon bébé,
J't'embrasse fort, fort, fort, fort, fort ...
Non c'est toi qui raccroches ... Non c'est toi
Non c'est toi qui rac ... Bon.
Un, deux trois ... T'a pas raccroché !
On va le faire tous ensemble alors
Un, deux trois ... J'suis encore laaaa !
Je hais les couples qui se rappellent quand je suis seule,
Je déteste les couples, je les hais tout court !
PS : Dans le même registre amusez vous en écoutant les doléances médicales d'origine émotionnelle d'Anaïs dans perhaps an tonsillitis ou peut être une angine (plus orginal en anglais) click here
27 janvier 2009
Go to the kino
Le mercure affichait fièrement un 5 degré lors de cette soirée dominicale. Il était 19h, et les boulevards luxembourgeois n'étaient pas encore déserts. J'avais une envie irrationnelle de voir un film, n'importe lequel. Nous avons donc attérit avec Marc dans l'Utopolis, le complexe cinématographie de ce coin ducal. Notre choix s'est porté sur le Slumdog millionnaire. Je n'avais vu qu'un court reportage sur ce film révélation et je souhaitais qu'il n'est rien avoir avec les longs métrages (du mot mètres) bollywoodiens que je ne supporterais même pas de voir un intermnable jour d'ennui (comme j'en ai souvent).
La salle était bondée de monde, les quelques retardataires cherchaient du regard des places libres sans grand succès. Tout ce beau monde ne voulait pas rater la séance de 19h. C'est que le luxembourgeois est un BCBG, qui tient à rentrer tôt chez lui pour dîner à une heure descente, comme si le lundi n'était travaillé que dans ce bled snob !! Moi qui avais le lendemain, et de l'autre coté de la frontière, une consultation blindée comme d'habitude je ne pensais -pour une fois- qu'à passer une bonne soirée, déconnectée de mes obligations professionnelles post dominicales.
Après quelques publicités locales foireuses et manquants cruellement de créativités, la projection du Slumdog millionnaire débuta. L'histoire de deux frères indiens musulmans, Jamal et Salim, dans la jugle des temps modernes de Mumbai mêlait l'humour à l'innoncence et à l'espoir, avec une touche à minima de misére, d'injustice et de trahison. En somme le film est M A G N I F I Q U E (même si je n'ai préféré que le début). La musique n'est pas en reste, elle associe avec intelligence les comopisitons traditionnelles comme Ringa ringa (click here to lesten) et les compositions branchées comme Jai ho (click here to lesten) et Saya (click here to lesten), qui n'ont tout de même pas atteint l'originalité de la musique de Karsh Kale.
De ma place de FEFA (fédération des étudiants du fond de l'amphi comme dirait mes anciens collègues de la faculté de médecine de Casablanca) et qui n'a rien à envier à la FIFA, j'épiais curieuse ces nantis qui partageaient fictivement le temps d'une fiction la vie d'une lointaine inde pauvre. Que pouvaient-ils en penser? Y pensaient-ils seulement? La façon de vivre de leurs concitoyens les choquait? Ou est ce que cette parenthèse était juste un exotisme temporel dans leurs vies monotones? Ce film changera-t-il des choses dans leurs vies? Le silence était religieux dans la peine ombre. Et j'en sortis en fin de séances sans avoir de réponses à mes questions sinon le sentiments que c'était juste un film ..... magnifique.
Courrez comme des dératés et ne ratez pas ce film.
DNR
Jamal dans sa latrine atrisanale avant de se jetter dans la bouse (séquence à mourrir de rire)
23 janvier 2009
Mais where is Brian?
Parisienne pour quelques heures encore en attendant de retrouver la profonde lorraine. Mes soirées sont bercées par les douces mélodies vespérales de piano que joue le voisin du dessus. Quant à mes nuits, elles sont rythmées par les spasmes œsophagiens qui se chamaillent avec quelques cauchemars bien désagréables dont les sujets jalouseraient les auteurs de thrillers les plus émérites.
Vivant entre la lorraine et le Luxembourg un roman que je pourrai intituler « la jupe et les quatre paires de jeans ». Lassée des TGV .... de la capitale du monde .... de celle de l’Europe et .... des gardes.
Maintenant que le décor vous est planté (il parait que planter sauverai la planète) , j’annonce que j’ai perdu mon légendaire pep’s, je vous invite « amoureux de la patate et de la pêche » à cette réflexion incongrue à laquelle je n’ai plus de réponse :
Qu’est ce que le bonheur ? ….. Mais where is Brian ? Is he really in the kitchen?
DNR
03 octobre 2008
Aboubaker l'africain
C’était un dimanche soir, il devait être 21h quand j'ai reçu l’appel des urgences. Mon interlocutrice voulait avoir un avis de spécialité concernant un abcès du scrotum. Cette affaire a l’air (une fois encore) de relever de l’urologie. Je préssentais néomoins que j’allais prendre ce patient en hospitalisation. Je décidai donc d’aller jeter un coup d’œil sur cet abcès mal placé. (Comme s’il pouvait être bien placé !)
Arrivée au sas des urgences, mes yeux se sont portés sur le tableau présentatif des patients. Mon futur patient se trouvait au bout du sas, comme si on voulait l’éloigner et je me dis que ce n’est tout de même pas pratique d’installer des patients chirurgicaux aussi loin. Mais j’allais bientôt connaître la raison de cet emplacement pas si anodin.
J’ouvris la porte du box pour découvrir un jeune homme de couleur allongé sur un brancard. Il avait le regard résigné. Aboubaker était fraîchement débarqué du Cameroun, cela faisait tout juste quelques heures qu’il avait foulé le sol français et le voilà déjà dans un hosto. J’en conclue que ça devait urger. Je me présentais à Aboubaker tout en cherchant des yeux les gants que j’allais bientôt enfiler. Après avoir posé quelques question « d’approche » question de mieux connaître Aboubaker, j’allais à l’essentiel et je relevais la tunique du patient pour me pencher sur la source du problème : son périnée. Une odeur nauséabonde se répandit mais j’en étais que faiblement offusquée vu mon hyposmie. J’étais par contre beaucoup plus intriguée par ce que je voyais. Durant ma courte vie, je n’avais encore rien vu de semblable : Les bijoux de famille du patient étaient monstrueusement oedématiés, son scrotum gauche était nécrosé. Les tissus crépitaient sous mon index et j’avais l’impression que ses tissus allaient tomber en cloques et que ces testicules allaient être bientôt mis à nus. Mais cela ne m’empêcha pas de mettre et remettre mon index là ou il faut. La région péri-anale n’était pas en reste, j’y voyais un abcès qui dû être le point de départ de cette infection galopante. A ce stade de l’examen, je me posais une question existentielle : serait-ce une fasciite ? Je n’avais hélas comme référence visuelle (vécue) qu’un cas de fasciite du membre inférieur : une de mes anciennes patientes hospitalisée en traumatologie (Aile 4). Elle prétendait qu’un bus lui avait roulé dessus. Le plus surprenant c’est qu’elle n’avait aucune fracture mais une fasciite de la cuisse gauche du feu de dieu. Je n’avais jamais cru son histoire, et je passais de longues minutes à scruter son visage essayant vainement et surtout naïvement de déceler une touche d'incrédibilité. Mes regards n’ont aboutit à rien de concret biensur.
Réveilles toi, me suis-je dite, cette histoire est bien lointaine et je suis là !! Avec Aboubaker l’africain. Ce que j’avais devant les yeux n’avait pas la tête d’une fasciite simple. C’était une authentique gangrène gazeuse étendue, une gangrène de Fournier. De là, les choses s’enchaînèrent rapidement. Un scanner fut fait et le patient poussé en urgence au bloc. Me voilà embarquée pour une nuit chirurgicale qui s’annonce intéressante. Une nuit comme je les aime. Une nuit qui fut longue mais agréablement surprenante contrairement à l’odeur qui se dégageait de cette gangrène. Odeur qui rappelait vaguement celle des égouts par temps de forte chaleur. On dû sortir des tiroirs oubliés les flacons d’alcool de menthe qu’on imbiba généreusement sur nos masques.
Pour la petite histoire, on débrida les scrotums, la région péri-anale jusqu’au sphincter externe gauche et la paroi abdominale jusqu’aux muscles droits. Ces trois espaces communiquaient largement entre eux et nos doigts se baladaient en long et en large dans ce périnée. On évacua de la bouillie grisâtre faisant office de nécrose liquéfiée. Et on ferma hermétiquement par trois pansements VAC (ingénieuse invention américaine. Ah !! Les américains toujours au top …. Rien de bien étonnant)
Finalement, Aboubaker s’en sort merveilleusement bien, il a certes perdu quelques plumes dans la bataille mais il a gardé ses testicules (même pas mis en nourrisse sous les cuisses). Même pas de colostomie, Aboubaker continue à transiter comme tout le monde par le bas.
Aboubaker, passa en réanimation avant de revenir au service. Il a eu droit à un changement de pansement toutes les 48 heures au bloc sous anesthésie générale. A coups de bistouris, d’Algosteril et de lames de Delbet et avec quelques points de Blair, le pansement a l’air de bien cicatriser, et l’on pense déjà à la couverture cutanée.
Venu passer un stage d'œnologie dans la lointaine lorraine, ce jeune patient se retrouve alité au CHU pour quelques semaines, coupé de son monde et surtout à des années lumières de comprendre ce qui lui arrive, à cause d’une vilaine gangrène de Fournier, mais tout de même …. Avec SON anus et SES testicules.
DNR
Attention, âmes sensibles s’abstenir













