09 avril 2008
L'homme qui ne sentait pas le satin
Soirée de garde aux urgences : ce n'était pas un week-end ni même une de ces fêtes ou les fêtards abusent de l'alcool, mais on devait pour des raisons -éthiques- héberger des exogènoses (cas d'ivresse) pour cuver leur alcool entre les murs des box de l'hôpital, de peur qu'ils s'agressent ou qu'ils agressent autrui. On se substituait à la police tout en prodiguant des soins médicaux. On devait surtout gérer leur humeur labile et agressive par moment. Et quand cette tache de baby-sitting s'avérait compliquée, ces patients bourrés cuvaient les grammes d'alcoolémies derrière les barreaux du poste de police.
C'était donc une soirée de garde comme les autre ou presque. Vers minuit, un SDF se présentât soûl comme un polonais avec une entaille de l'arcade sourcilière à suturer. Maryline, l'infirmière, nous décrivit, furtivement, les émanations olfactives qui se dégageaient de ce patient pas comme les autres. Je restais insensible à ses descriptions décidemment repoussantes. Je finis par rétorquer un peu fière que j'avais une hyposmie, et que j'avais la chance de ne sentir que les odeurs fortes, loin de moi l'idée que celle ci allait l'être. Mon co-interne, Remy était déjà sur le coup de la plaie, il manageait (comme souvent on le fait) l'externe pour la suture. Je me décidai neomoins d'aller jeter un coup d'oeil sur cette arcade amochée. A peine les pieds dans le couloir qui mène aux box des patients que j’étais envahie par une odeur lourde, pesante, étouffante. Pendant un laps de temps, choquée, je doutai de la véracité et authenticité de ce que mon sens de l'odorat me renvoyait. J'en étais même arrivée à me poser la question : suis-je victime d'une parosmie ? L'anticipation des propos de Maryline serait-elle à l'origine de cette infâme cacosmie ? Car infâme, elle l'était. Une forte odeur de moisit imprégnait le couloir, à tel point qu'on pouvait se diriger à l'odorat pour retrouver l'homme décidemment ivre. La situation était tellement incroyable qu'elle allait bientôt m'amuser.
Remy, d'habitude zen comme un bouddha, s'affairait irrité par les senteurs qui s'exhalaient non plus de l'homme mais des mètres cubes d'espace qu'il occupait. Il s'agissait d'en faire abstraction et de suturer cette plaie avant qu'elle s'infecte (enfin, vu les croûtes de crasse qui enveloppait sa chaire, l'infection, est un terme bien relatif). On s'y est mis à trois après de longues minutes d'explications donné à un patient out of space qui ne semblait pas comprendre l'intérêt de notre travail. On devait le suturer ! Il ne voulait point que je tienne ses mains crasseuses qu'il ramenaient inexorablement à sa plaie. Il ne voulait point que Remy maintienne sa cabessa sur le lit. On "sanglait" avec la force d'Hercule cet homme soûl qui ne se laissait que rarement faire, et je donnais mes instructions à l'externe quant à l'opération délicate de l'anesthésie. Ce n'est pas parce qu'il est ivre qu'on suturera le bonhomme à vif! A peine la fine aiguille jaune percait son front qu'il criait comme ces primipares qui guelaient comme des bêtes accouchent à la maternité du CHU de Casablanca, ce qui nous n'empêcha nullement de continuer à le sangler et le piquer (pour son bien). L'ardeur de la tache et surtout les chewing gums fortement parfumés que nous mâchions nous faisaient oublier les désagréments de la cacosmie. La situation était telle que la promiscuité de nos quatre corps en devenait désuète.
L'homme avait beau s'opposer à nos tentatives et être désagréable, Remy, fortement agacé par cette aventure, ne faillit pas à sa politesse et ponctuait quand même ses explications par des "s'il vous plait monsieur" tout en haussant le ton. Certe c'était un monsieur, mais rien ne lui plaisait mon cher Remy, son jugment étant altéré par les décilitres d'alcool.
Au plus fort de ses divagations, ce monsieur, fort aimable, intrigué par mes mains qui tenaient les siennes, m'avouera amusé (avec un sourire qui dévoila une mâchoire faite de trois dents complètement jaunies) TU NE M'ATTIRES PAS MADEMOISELLE .... Décidement, fêtards ou pas, les mâles ont les mêmes sujets de conversations.
Finalement, on laissa tomber la suture, et on revient à la charge avec une agrafeuse pour traiter son mal. On s'y est pris à trois pour l'immobiliser complètement alors qu'Alexis (notre chef de garde) enfonçait dans sa chaire des agrafes. La plaie s'étendant jusqu'à la partie supérieure de la paupière, le geste devait être extrêmement douloureux. « Le polonais », cuva tranquillement la nuitée dans son lit ce qu’il avait ingurgié dans les tablées arrosées d’alcool de mauvaise qualité sous les ponts d’une ville surprise par les neiges d’avril.
Finalement, cet SDF, reflet de la misère de la société française, avait la chance de ne pas sentir le sapin, même s’il était loin de sentir de satin.
DNR
29 février 2008
The Tague - Game
Je n'aime pas l'idée d'être le maillon d'une longue chaîne ...... mais vu que j'ai été gentiment sollicité par Slix mon très cher oncle, je me plie donc en cinq pour appliquer les cinq règles du tague-game.
A la va vite :
1. Mettre le lien de la personne qui tague
2. Mettre le règlement sur votre blog
3. Mentionner 6 habitudes ou tics non importants sur vous même
4. Taguer 6 personnes dans votre billet en mettant leur lien
5. Aller les avertir directement sur leur blog
1. Mon très cher Slix
2. Déjà fait. Voir plus haut pour les cons.
3. Ce qui m'interpelle c'est "tics non importants" s'ils ne sont pas importants pourquoi les mentionner? C'est juste pour parler de soi bêtement? A ce moment j'aimerai bien que la personne qui a crée ce tague-game se prononce la dessus, alors mon vieux si tu lis réponds moi dans les plus brefs délais. A cette heure ci je ne vois pas l'intérêt de ce jeu, et je me pose sérieusement la question suivante, je fais quoi là? Pardi ! Je me lance et je réponds :
- Quand je vais au petit coin, je fais en sorte de ne pas toucher les poignées de porte.
- Chaque soir que dieu fait, je me fixe comme (humble) objectif me réveiller à 6h du matin pour prendre le petit déjeuner, résultat, je me réveille au plus tôt à 7h30 heure à laquelle le patient est installé sur table. Même si je suis issue d'une famille de gros dormeurs je continue d' espérer. Je suis même sure que j'y arriverai un jour.
- Quand je rentre chez moi, j'allume systématiquement mon poste télé, question de ne pas rester seule.
- Quand je prends l'ascenseur à des heures inavouables (du genre 2h du matin) ou quand je me retrouve dans un tunnel (du genre 2éme sous sol ou il n'ya pas âme qui vive), je me pose toujours la question (inutile) est ce que mon portable est chargé? Question de pouvoir joindre quelqu'un en urgence. Sauf qu'il n'ya pas de réseau ni dans les ascenseurs ni aux sous sols et surtout, je ne vois pas qui je peux appeler d'urgence.
- Quand je me mets sous la couette, il y'a toujours trois quatre bouteilles d'eau qui traînent dans le lit, peur de mourir de soif.
- Quand j'en ai marre de jette tout, je donne tout, je n'aime pas m'attacher aux choses matérielles.
4. Oups, je ne suis pas sure de connaître 6 bloggeurs, allons donc, je passe le témoin à lamia la pétiante, sherazade, Tazart, Taha le maxillo, Kamal l'hypocondriaque, la petite amina.
5. Quelle corvée, mais je m'y colle tout de suite.
DNR
08 février 2008
Dans le cochon, tout est bon
Chose promise chose due ! Voici quelques photos de mon 3éme cours de dissection .... de cochon. Sachez messieurs dames que le cochon ÇA SENS FORT pour ne pas dire ÇA PUE. Parole d' hyposmique !! D'ailleurs je ne sais toujours pas ce qui sent le plus, est-ce l'estomac ou les intestins ?
Au programme: anastomose termino-terminale et latéro-latérale sur des boyaux de porc puis chirurgie digestive sur le cochon.
Pour les curieux d'entre vous, le cochon était âgé de 6 mois, anesthésié en bonne et due forme. Le but était de le percer et le rafistoler (en l'occurrence faire des anastomoses digestives manuelles et mécaniques) sans que le geste ne soit fatal à la bête. Le porcelet n'a pas été réveillé, il a été élevé pour être disséqué ! Mission accomplie .... pour le cochon.
DNR
26 janvier 2008
Le professeur a faillit être un prophéte
Cette semaine j’ai assisté à mon 2éme cours, c’est toujours un moment (à priori) agréable que de se retrouver dans les bancs de la faculté et surtout quitter l’hôpital et savoir que l’on ne sera pas appelé pour ci ou ça (quoi que ..).
Le professeur est arrivé en retard comme d’habitude, il a fallut appeler un technicien pour lancer la présentation PPT, comme d’habitude. Entre temps je n’avais rien préparé, nada de nada, j’avais mes articles sur moi et je profitais de ces brefs instants pour « scanner » les longues et interminables pages du cours.
Mr G est PH chirurgien de son département, expert judiciaire et Pr en anatomie, mais qu’est ce qu’il était jeune ! Je l’imaginais avec une crinière grisonnante et un gros bidon euh ventre, abdomen si vous voulez. Et non ! Perdu ! Il avait la chevelure tout ce qu’il y a de noir ébène, même qu’il n'avait pas besoin de clonage capillaire. Quant à son tour de taille, il était à ma grande surprise, aussi svelte qu’un sportif.
Il n’arrêtait pas de parler, d’exposer et d’expliquer, de s’étaler. En somme il faisait son cours et je n’avais de ce fait aucun besoin de préparer quoi que ce soit pour cette séance. Mr est bavard et tant mieux ! Une fois qu’il a pris la parole il ne la lâcha plus. Je ne pu m’empêcher de penser qu’il était de caractère expansif et possessif, comme tout bon chirurgien bien sur. Enfin bref, le genre de personne qui ne cède pas miette. Sa chevelure (encore elle) était parcourre par une raie horizontale qui suscita mon intérêt avec I majuscule (tout aussi que son cours). Mes pauvres neurones devaient alors jongler avec ses explications et les questions qui me traversaient l’esprit, du genre : Mais qu’est ce qu’elle foutait là cette raie ? Euréka ! Mon dieu ! Je m’exclamais intérieurement, il passe tellement de temps au bloc, que son masque (qu’il doit serrer à mort) a finalement laissé cette trace sur ses capillaires. Ce qui est con, c’est qu’il ne peut même pas s’en débarrasser mais c’est toujours mieux que de vivre avec un tatouage dont on en veut plus je concluais.
Il était peut être temps que je zappe de l’interlocuteur au sujet, et que je m’intéresse à ses histoires de traumatismes thoracique auxquels il semblait tenir.
Parait-il qu’on voit de moins en moins de traumatismes thoracique avec le port obligatoire de la ceinture, bien qu’en période d’attentat on en observait certainement plus. Puis il enchaîna avec une petite sortie d’autoroute pour nous confier son humble avis (comme si cela nous intéressait dans l’absolu). Ainsi il déclara : on sera amené à voir plus d’attentats (of corse ce n’est pas d’attentat à la pudeur qu’il parlait, d’ailleurs en parlant de ça, c’est un peu abusif de qualifier cela d’attentat, mais si le législateur de l’époque la nomé ainsi c’est que cela devait être outrageusement choquant, c’est fou comment un mot peut transmettre la pensée de toute une époque) avec l’accroissement de la population nord africaine, j’étais la seule marocaine du cours, la seule étrangère même, je dû avoir un sourire ironique. Le festival de la bêtise ne s’arrêta pas là, il nous décrivit l’horreur des dégâts occasionné par les bombes mar (silence) artisanales, beau lapsus me disais-je, et bien ça promet, moi qui pensais passer dans son service au prochain semestre, au moins je sais d’avance ce qu’il pense de mes origines, ça a le mérite d’être clair.
Il s’attarda un moment sur la composition des bombes, les clous et éclats de verres, je ne le sais que trop bien pour avoir extrait un clou tordu du bras d’un policier brûlé au 2éme degré au visage aux urgences un certain 16 Mai (la seule fois que j’ai passé une garde volontaire au CHU, depuis je n’ai plus renouveler l’expérience pour ne pas porter la poisse). En somme, ses explications ne m’intéressaient guère. Quant à mes collègues, ils devaient être au mieux étonnés aux pire complètement désintéressés. Lui, ne s’en rendait pas compte bien sur.
J’avoue qu’il avait l’art des belles expressions, du genre : Pratiquer la chirurgie Inca en parlant des conditions d’urgence lors d’une luxation cardiaque par exemple, tiens, je ne la connaissais pas cella, la luxation cardiaque euh. Sur une radio je l'aurai plus tôt prise pour une dextrocardie.
Il avait le chic d’avoir des réflexions percutantes mais bien réelles malheureusement, du genre : Quand un avion se crache, ça fini très mal pour l’avion, car l’avion coûte plus cher que le pilote.
Il m’a fait découvrir une curiosité dont je ne soupçonné même pas l’existence : l’hernie pulmonaire antérieure, à ne pas confondre avec la générosité pulmonaire quoi que dans ce cas là c’est strictement la même chose.
Finalement, il est interessant ce monsieur, il n'est jamais à cours de phrases. Comme on dirai chez nous, il a des choses à dire عنده ما يقال
Pour en revenir au cours j’ai dû enchaîner avec la très attendue séance de dissection de cochon, que je vous raconterai later.
Hernie pulmonaire
(Excusez la qualité de l’image)
DNR
26 décembre 2007
La musique d'abord
Pour vous souhaiter de joyeuses fêtes je vous offre "Tempo impetuoso d'Estate" de Vivaldi joué par l'orchestre d'Amsterdam dirigée par Jaap Schröder. En clair et en sono ça donne ceci :
DNR
16 décembre 2007
Bonnes fêtes
Vous vivez en France et vous avez envie ou besoin de vous absenter le jour de la fête du sacrifice? Sachez que vous pouvez obtenir un jour de congés exceptionnel grâce à la circulaire N°2007-019 DU 16-1-2007
DNR
07 décembre 2007
The blue pen
J'ai beaucoup de choses à dire mais je n'ai ni la force ni le temps de les écrire. DNR
17 novembre 2007
Carnet d’astreinte
Lundi :
Dominique, 44ans hospitalisé au paravent en unité de soins intensifs cardiaques dans un tableau de choc cardiogénique secondaire à un trouble de rythme auriculaire sur cardiomyopathie obstructive familiale (ce n’est pas ce qu’on appellerai un bon héritage). Autant dire une indication à une greffe cardiaque, le patient est mis en urgence sur la liste d’attente de greffe, en attendant, une assistance circulatoire s’impose, une Medos fera l’affaire. Quand je remplace l’interne, ça se présente déjà mal, le sang artériel qui circule dans le ventricule artificiel a une couleur peu engageante, les poumons n’assurent pas une hématose correcte, le péricarde se remplit à vue d'oeil de sang, finalement des points seront mis sur de l’artère pulmonaire et l’oreillette droite. A la fermeture, Malik, l’assistant, m’apprend déjà comment faire pour retirer les ventricules externes, c’est dire que tout le monde s’attend à ce que le patient meurt. Finalement je ne serai pas appelé. Dominique, 44ans père de famille, est encore en vie, en attente qu’un compatriote français meut pour lui sauver la vie. De vous à moi, j’aimerai qu’un greffon se présente à l’autre bout de la France et qu’on prenne l’hélico (ça me changera du tram) pour le ramener. La virée nocturne dans les airs me fera volontiers oublier les interminables heures de la transplantation cardiaque.
Mardi :
16h : Marjorie, 28ans, elle vit d’accoucher d’un petit Remy. Des suites post partum compliquée d’un inertie utérine (malgré une césarienne) et d’une CIVD. Jamais 2 sans 3, la dame thrombose sa veine ovarienne droite, thrombose qui s’étend jusqu’à la VCI, on retrouve au scanner une embolie pulmonaire droite proximale. Pablo, mon chef me demandera de présenter à sa place le dossier de Marjorie pour une éventuelle pose de filtre cave et de thrombectomie sous CEC. La décision est unanime, le traitement médical est retenu vu le jeune âge de la patiente.
19h 30: Monsieur B, maghrébin, je ne garde aucun souvenir de ce soir là, sans doute un pontage qui a tardé, rien de spécial en somme, sinon qu’il est toujours en réa, et que de ce fait, ça ne va pas trop fort pour lui non plus.
20h : Les infirmières de gériatrie stressent l’interne de garde, du coup il se rabat sur moi pour un avis pour Paulette. Heptagénaire, atteinte d’un érysipèle, pour une raison X, un scanner lui a été fait il y’a une semaine, découvrant une dissection aortique type III et un épanchement péricardique, avec à l’échographie cardiaque de la fibrine (possible rupture cardiaque post infarctus silencieux). Paulette va super bien pour une mémé, la drainer serait lui faire courir des risques, c’est qu’elle n’est plus toute jeune. Je sens qu’on nous rappellera ce week end pour un énième vis. Incroyable conclusion, déstresser les infirmières peut motiver bien des consultations alors même que le patient n’a besoin de rien. (Fichons la paix aux patients)
Mercredi : trou noir, aucun souvenir, sinon le staff de vasculaire auquel je n’ai pas assisté.
Jeudi : La secrétaire du chef de service m’appelle sur mon portale pour me le passer, curieuse comme une enfant qui découvre que les antennes de l’escargot son rétractiles (c’est tout ce qui me vient en tête à cette heure ci) finalement il me demande de rassembler le maximum de monde pour la conférence du Pr marseillais venu spécialement pour opérer une jeune ado atteinte d’un mal étrange (la fibrose endomyocardique), mal qui fera l’objet de sa conférence. Quand il révèle qu’il connaît Magdi Yacoub (rien que ça,!! ) j’en deviens fiévreuse comme ces adolescentes qui s’existeraient devant les rockers nippons. Confidence : tout ce que je retiens (à tord ou à raison) de la grande Egypte sont Yacoub et Toutankhamon (oui mes chers lecteurs, à ce point là)
Vendredi :
Marian, 74ans, pontages coronariens, reprise sternale, anévrisme aorte abdominale opéré, dialysé chronique et porteur de ERV (ah la sale bestiole qu’on ne retrouve pas encore au Maroc, mais ça ne saura tarder) qui a un hématome en sous ombilicale. Le patient est sous AVK depuis 6mois sans que personne en néphrologie ne sache pourquoi, fortcihe ça !! Je ferai abstraction de la conduite à tenir. Mon collègue qui sera d’astreinte la semaine prochaine devra le revoir, Marian m’avouera qu’il préfère me revoir.
L’infirmière m’appelle pour les glycémies de madame Patricia (ne soyez pas amadoué par ce joli prénom) ah, elle un vrai cas, preuve à l’appui ce qui suivra :
Super obèse, 47ans et déjà un angor instable, une FE à 30% et pourquoi pas (tant qu’on y est) une rétinopathie diabétique. Elle a formellement refusé de se faire opérer, puis a changé d’avis mais tout en imposant au chef de service le geste chirurgical (ça c’est fort). Un double pontage est prévu, finalement ça sera un mono pontage, IVA-MIG, avec patch d’élargissement mammaire, le must du must. Au retour au secteur, elle a des glycémies au plafond, refuse la pose d’une intraveineuse pour rééquilibrer ces glycémies (on l’a quand même posé, hé ho c’est moi qui décide). Son hémoglobine est à 7,7 ce soir et refuse (témoin de Jéhovah oblige) la transfusion (les cures de venofer ne feront pas effet tout de suite). Bref, se dit fatiguée mais refuse la transfusion, se plaint de nausée prétextant que c’est la voie IV qui en est la cause, la patiente typique qui gâche mes nuits.
Samedi :
Toujours Patricia, le contraire serait étonnant.
Madame Germaine, comme son prénom laisse prévoir, c’est une mémé née entre guerres. Opérée d'un rétrécissement aortique serré (la valvulopathie la pus fréquente en France). Le yoyo définirai fidèlement ses tensions artérielles dont les anomalies rythment ma journée et ma nuit, Hypovolémique, oligoanurique et en surcharge vasculaire pulmonaire, elle a une ACFA compensatrice, qui ampute sa systole auriculaire et diminue encore plus le remplissage ventriculaire. Cercle vicieux !!!
Dimanche :
- Germaine sera tranferée en réanimation le dimanche matin.
- Dominique décedera en réanimationle dimanche aprés midi.
- Paulette se porte comme un charme, elle retournera à sa maison de retraite le mercredi.
- Patricia va trés bien, elle a même retrouvé son sourrire.
- Nadege, l'infirmière, me soûles.
Et ce n'est pas fini .....
DNR
Qu'elle soit de Millet ou de Van gogh, c'est d'une longue meridienne dont je rêve
02 novembre 2007
La bébête
Pour simuler un semblant d’activité dans ce blog, et comme je crois être obsédée par les orbites en position latérale (cliquez sur la phrase pour mieux comprendre). Je vous laisse donc avec un charmant insecte.
Ouvrez grand les yeux et regardez le dans le « bleu » de l’œil.
DNR
01 octobre 2007
Pc, tu me soules !
Le pc fait des siennes,
et la connexion semble être de la partie,
pour vous communiquer mon état d'esprit,
quoi de mieux que des lignes de poésie,
écrites par Taha Adnane,
qui nous offre là une petite gâterie,
comme son frére Yassine qui nous a déjà offert,
le recueil "mannequins" que je n’ai su apprécier,
trêve de blabla, place au,
" Lentement je creuse une glace vive ",
tiré du recueil " Transparences ",
traduit vers le français par la poétesse Sihame Bouhlal
DNR
Malheur à moi
Cette maudite souris a rongé mes poèmes
Je caresse en vain sa tête voltigeuse
Comme un vieux chat épuisé par la ruse
Et le rhumatisme
Maudit soit cet ordinateur
Et son disque dur aussi bondé
Que le bain des femmes de mon ancien quartier
Que je sois maudit aussi
Lorsque je précipite la poésie
Dans des lacis encodés
Seigneur, pourquoi me suis-je mêlé de technologie ?
11 août 2007
Rêvassez en vers et en prose
Une fois n’est pas coutume, la poésie arabe trouvera place dans ce blog. Je vous avouerai que je suis loin (mais vraiment loin) d’être une fana de la poésie arabe, d’ailleurs je ne sais comment j'ai pu survivre au supplice des séances de poésie du temps de mon adolescence si lointaine. Malgré cette révulsion inexpliquée, je n’ai pu rester de marbre devant des lignes écrites par le Dr Marwan Okla, pédiatre de formation, syrien de nationalité et auteur d'un poème dans lequel il décrit par des mots simples les états d’âmes pathétiques d’un homme amoureux qui rêvasse, espérant que sa Juliette l'aimera un jour. Rêvassez donc avec son histoire d'amour. Et si pour rêvasser vers et prose ne suffisent pas, Manihi n'y manquera pas.
DNR
02 août 2007
Ne te réjouis pas vite
Comme si on n’avait pas eu assez d’émotions avec la découverte d’une cavité (signe d’une endocardite ancienne) dans une cusp complètement dystrophique et calcifiée par endroit, l’aorte de monsieur T était aussi fragile que du beurre laissé à température ambiante et de surcroît en avait la même couleur. Daniel avait alors décidé qu'il s'agirait d'un Bentall; tant qu’on y est faisons bien. Ainsi fut-il, la nouvelle prothèse sortie de son emballage était jalousement choyée, l’instrumentiste ne manqua pas de garder l’étiquette qui y pendoullait, signe qu’il s’agissait là d’un joujou bien cher. Une réflexion me vient à l’esprit : monsieur T a de la chance de vivre dans le pays de Molière, sa chance « porte » un trou aussi grand que le fameux météor cratère de l'Arizona, elle porte le nom de CNSS. Bientôt, les moustaches apathiques du Bentall se déployaient devant nos regards, les miens étant ébahit par tant d’ingéniosité humaine de la part d’inventeurs de toutes sortes et déçue par désormais la banalité que cela inspirait aux habitués, moi y compris, l’exploit tombe dans le registre du routinier. Dommage. Cela doit être le prix, le prix de quoi ? Je ne pousse pas la réflexion à plus loin, le fruit de la réflexion me semblant stérile et sans goût. C’est à ce moment, perdue dans ces pensées que l’assistante lança d’un air soulagé « ça s’annonce bien finalement ». Daniel au quart de tour répondit dans un français que je ne comprenais plus pour un laps de temps : « la roche Tarpéienne est près du Capitole ». Tout le monde titubait : Ta quoi ? Je me doutais que cela avait une relation avec l’Italie si cher à l’auteur de la citation mais pas plus. La roche Tarpéienne est près du Capitole ? Dans une tentative désespérée d’étouffer ma curiosité (pour une raison qui m’est jusque là encore inconnue) je me disais que cela devait être une roche banale prés d’un capitole tout aussi banal, Tarpéienne ne retenait même pas mon attention qui était ailleurs et pour de bon. Monsieur T était dans les bras tendres de dame anesthésie et miss Tarpeia de la Rome ancienne était évoquée à la mémoire de son aorte, ce n’est plus de l’effet papillon à ce stade ! Que le monde est petit, que les choses sont entremêlées, le monde réel mérite de porter le nom de toile au même titre que le monde virtuel.
Pour en revenir à Tarpeia que ma mémoire a passé dans la trappe par complaisance, c’est une jeune dame qui a trahit sa ville en la laissant tomber dans les mains de l’ennemi pour une histoire d’amour disent les uns, pour de l’argent disent les autres, pour les deux motifs qui poussent les gens à tuer diront les criminologues (rien avoir avec le sujet). Les traîtres sont depuis alors jetés dans le capitole qui se trouve prés de la roche en question. Trêve de blabla historique que nous vaut l’emploi de cette phrase dans ce contexte ? Tout simplement de pas crier victoire, car après l’aisance peut survenir la difficulté. En somme ne pouvait-on pas simplement dire ne te réjouis pas vite ? Fallait-il mêler la Rome à nos histoires contemporaines ? Il y a bien des gens qui aiment la complexité dira-t-on. Porfitons-en pour devenir un poil moins incultes.
Salut Tarpéien aux amoureux du complexe
DNR
18 juillet 2007
Les adhérences post op
Intérêt : Quoi de plus difficile que les reprises chirurgicales, les redux voire tridux posent le problème majeur des adhérences post-opéraoires qui sont source de difficultés opératoires non négligeables; les chirurgiens devant souvent décoller les adhérences avant de pouvoir d'accéder à l'organe à opérer. Le décollement, opération délicate, expose aux saignements qui viennent compliquer un acte chirurgicale déjà complexe du fait même de la reprise mais aussi du fait du changement des repères anatomiques. L'allongement du temps opératoire fait courir des risques à des patients qui n'ont pas forcement de bons scores pré-opératoires.
Physiopath : Mais qu'est ce qu'une adhérence? Aprés tout acte opératoire, il y a un processus inflammatoire qui se déclenche, lequel est à l'origine de fibrogénèse qui a tendance à entourer l'organe opéré. Cependant toute fibrogénèse et suivie d'une fibrinolyse, et c'est bien le défaut de cette dernière qui est à l'origine des adhérences.
En chirurgie abdominale, les adhérences peuvent être responsable d'occlusions post opératoire sur bride, d'où le principe de l'examen des cicatrices devant toute douleur abdominale au même titre que les orifices herniaires et les touches pelviens.
En gynécologie, les adhérences sont à l'origine de douleurs pelviennes et de dyspareunies ainsi que de quelques infertilités. Elles sont responsables de difficultés chirurgicales lors des reprises pour néo (pour ne citer qu'elles).
En chirurgie cardiaque, ces mêmes adhérences -libérées au doigts- sont responsable de déchirures au niveau du coeur droit (oreille et veines caves) déjà fragiles du fait des basses pressions. La perte sanguine qui résulte de ces déchirures ne peut ëtre récupérée avec l'aspiration tant que l'héparine n'est pas passée, l'utilisation du self saver trouve ici toute sont utilité.
Solution : Il fallait donc penser à un outil qui limiterai les adhérences. Le laboratoire américan Genzyme (coté en bourse bien sur) pionnier dans la recherche de thérapeutiques pour les maladies orphelines a donc imaginé un film qui isole l'organe créant ainsi une véritable barrière entre l'organe et les adhérences. Ce film, composé d'acide hyaloronique, est une sorte de plaque transparente qui s'applique directement sur l'organe en fin d'intervention créant une interface étanche qui isole l'organe du processus de fibrogénèse inflammatoire. Cette plaque se résorbe à partir du 2éme jours pour être complètement excrété par voie biliaire le 28éme jours.
Conseils : Avant d'appliquer le film laissez le à température ambiante 30 min, l'interface cassera moins lors de son application et vous gagnerez en surface.
Pour accéder au site dédié à ce produit c'est ici qu'il faut cliquer
Pour finir, Un organe bien exposé et un organe bien opéré
DNR
20 avril 2007
Qui suis-je?
Mon pavillon droit j’offris,
à ma bien aimée,
qui n’était autre que prostituée,
qui reçu un soir de noël mon colis.
Fou l’on me cru,
mais de Ménière je souffrais.
Inconnu je vécu,
suicidé je fini,
dans les champs de blé du pays.
Sans descendance directe je fini,
à toutes l’humanité je légua,
les chefs d’œuvres que je produisis,
célèbre j’en devins.
Myope on m’aurait pris.
Grand artiste je suis.
Qui suis-je ?
Et si indice vous désirez,
pour trouver le célèbre roux que j’étais,
sachez que du pays des digues j’étais.
Alors mon identité avez-vous trouvé ?
A tout effort récompense. Il est donc naturel que la première personne à trouver la bonne réponse à cette devinette aura droit à un petit quelque chose : un logiciel de récupération de fichiers effacés bien pratique si ( comme moi ) vous avez la fâcheuse habitude de tout mettre à la corbeille. La devinette est très facile, pas besoin donc d’être chytrý comme le dirai les tchèques, je vous souhaite quand même bien du plaisir à cogiter.
Un Jawlenski pour accompagner votre réflexion
DNR
08 avril 2007
La dame au tombourin
Lassée de la musique que j’écoute en boucle je vous ferai écouter celle que je n’écoute pas, les fidèles aux « posts » vous le diront : il s’agit du chaâbi. Mais pour cet exercice d’audition (car c’en est un) mon choix s’est porté sur une artiste pas comme les autres (à mon goût), une interprète que je refuse catégoriquement de mettre dans le groupe des chikhates (groupe que je n’aime pas), une dame qui chante un chaâbi pas comme les autres (toujours à mon goût). Avant de vous annoncer son nom je dois vous avouer que je nourris des sentiments ambigus envers le genre musical dans lequel elle excelle, un chaâbi que mon esprit s’entête (à tord ou à raison) à qualifier d’à part parce qu’il a (pour des raisons ambiguës que je cite plus bas) une part de mes faveurs.
Revenons à l’artiste en question, oui elle, elle qui guète la mer de peur qu’elle déménage, elle qui guète les vagues de peur qu’elles se tordent, elle qui a peur que son amoureux la quitte, elle, Hajja Hamdaouiya. Une artiste qui peut s’orgueillir (à juste titre) d'avoir été une très belle femme (j'aime tout particulièrement ses coupes de cheveux, faut dire que je suis attirée par les individus à crinière fournie, je me demande ce qu'en dirai Freud). L'hajja peut aussi s'orgeuillir de sa jeunesse riche en émotions et de son répertoire varié dont la logique des lyrics (qui existe) m’échappe et dont la syntaxe des chansons me largue complètement et me fascine donc. Cette fascination qui frôle le pathologique est-elle grave Dr? Non, cet intérêt brusque me passera dans quelques jours, c'est à mettre sur le compte du "versatile" des balances.
Je vous laisse découvrir ou redécouvrir Hajja Hamdaouiya dans une chanson dont j'ignore le titre, mais aux paroles déboussolantes et insolites mais plaisantes à ma grande surprise. Je vous souhaite bien du nachatte.
DNR
Merci Red pour le track.











