Kugelschreiber mais koub shrayba pour les intimes, le blog où on se pose les bonnes questions Z3MA!!!!

08 janvier 2012

Bréves d'une longue journée

Agenouillée au bord d’un lit, j’écrasais de mon poids sa poitrine pour le réanimer.  Il avait le teint de l’au-delà, mais je ne le regardais plus, mes yeux étaient  rivés sur le scope. C’était l’heure de l’action et non pas de l’inspection. Nos « moi » n’avaient pas encore décidé qu’il était mort. D’un réflexe naturel, on y croit … Jusque bout …  In fine, ne choisit-on pas ce métier parce qu’on croit dur comme fer qu’on peut sauver des vies ?  Puis l’idée fait son chemin … La mort qui emporte sa victime assoit sa présence dans nos esprits … Progressivement. Quant à  feu l’humain, il a déjà quitté son corps … Définitivement. Une larme épaisse à l’œil droit en guise d'un dernier souffle.

D’autres aventures s’enchaînent et émaillaient cette garde de 30 heures.

Un sexagénaire en bout de course reçoit en guise de merveilleux présent un cœur vaillant n’ayant battu dans un thorax qu’un quart de siècle. Promesse d’une nouvelle vie qui a soif de temps, et finalement d’inconnu.

Mais à quoi est-ce que je pense après ces péripéties ? De quoi est-ce que je prends conscience après avoir massé un être qui ne revient pas ? De quoi ai-je envie après 30 heures à l’hôpital dont 4 heures de sommeil ? Qu’est-ce que je pense de la mort ?

Demain, c’est encore une dure journée de labeur. Je « re-prends » conscience que j’ai perdu à jamais l’inconscience et l’insouciance des gens du métro. Quant à mes envies : que le temps s’arrête et que ce mal de crâne disparaisse. Envie de côtoyer des gens normaux et sains de corps, pourquoi pas dans un marché ... Il y’en a pleins dans les marchés ... Des gens qui achètent ou négocient et s’adonnent donc à des activités banales.  Enfin, je pense que la faucheuse (celle contre laquelle je lutte) est une réalité … Toujours aussi indésirable ... Entre autres choses.

DNR

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05 décembre 2011

Zahramania

Je m'improvise transcriptrice d'un soir (se réinventer chaque jour disent-ils dans la pub), le temps de coucher (à défaut de me coucher même moi) des mots amazighs sur la virginité (en matière de lyrics berbère) d’une toile paradoxalement immense.

Pour cet exercice qui me renvoie vers la langue de mon enfance et qui vous donne une idée sur ce qui berce ma conduite, j’ai choisi de vous transcrire « Oursoul », le petit frère de « imik simik », titres cadets de « Beautiful Tango » et bien d’autres de Hindi Zahra, artiste tout simplement étonnante par sa « polyglottie » et ses multiples styles musicaux.

Petit bémol tout de même, la page facebook de Zahra est plutôt une interface publicitaire que page perso, alors même qu'un site officiel existe (sans doute draine-t-il peu de fans ... mais ce n'est pas une raison). Zahra, sawl smeden … wajeb meden, han même si tsserlit imurg si guenwan (à l’époque id Basaid chantait à raison imurg iguez ikaln) meden katguite !!

DNR

hz

 

Ousoul

Zman ari tazal , iwaln oursoul … zran

Mani rih, mani mouguih, oursoul swih yat

Tassa inou ... termi, Oursoul tzdar

Rayli ijran ijra … ijra yadli … ijra a benti

Oursoul oufih guayli rih, naniyi tla tafoukt

Zman irezif … trezif dounit … mais mani rih ? mani mouguih ?

Nani ... guawer ... iradyachi arguazenm,

Oursoul oufih guayli rih, naniyi tla tafoukt

Dounit Oursoul tswa yat ih rid ... ourtelit

Achkid, achkid … Dounit oursoul tswa yat ih rid ourtelit

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03 décembre 2011

La femme et la baie

Sous un ciel mitigé, les vagues se sont retirées mettant à nu les rochers de la côte. Ebènes, massifs, durs … des milliers d’années d’érosion n’ont pu les transformer en néant. Ils étaient plantés là, outrageusement, ils s’imposaient à mon champ visuel. Mes yeux n’appréciaient guère ces restes telluriques enracinés dans le sable. Je préférais de loin, l’entendue bleue, au loin … injustement, trop loin. Même le soleil ne se délectait plus de ces cailloux, qu’il s’était déjà retiré de la baie.

Pierres ou pas, froid ou pas, l’air marin avait attiré bien des humains sur cette plage qui devrait être belle en des temps plus cléments. Des résidences de luxe, vides de toutes âmes qui vivent; jonchaient la falaise. Au loin, la statue d’Hitchcock aux oiseaux (supposés maléfiques) était devenue stérile de son pouvoir phobique. Au prés, des parents et des adultes, soucieux de leurs sommeils, épuisaient respectivement leurs progénitures et leurs canins à courir comme des dératés sur le sable. 

Malgré toute cette activité, le silence régnait en maitre. Le calme était roi ... La quiétude était reine … les vagues évoquaient un vague souvenir, peut être un pays ou je suis née … Assis sur nos fessiers, on se laissait glisser, quelque part dans le bien être, sous l’effet anxiolytique de l'air marin.

DNR

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28 juillet 2011

As-tu un ami ?

D’un blanc jauni sous l’effet du temps, il semblait venir d’un autre siècle (ce qui était le cas). Sa face sans originalité promettait l’ennui mais sa petite taille était une promesse de brièveté. Un supplice court vaut mieux qu’une lecture inachevée, me dis-je à moitié soulagée. Happé au pif et surtout à l’arrache, dans une bibliothèque familiale, le livret d’auteur dont je n’ai jamais ouïe, devenait la source de mes interrogations : Allait-il m’intéresser ? Me séduire ? M’émouvoir ? Meubler agréablement mon séjour tyrolien ? Me faire sourire ? Me faire fuir ? Ou juste encombrer mon sac à main ?

Le titre ordinaire « L’ami retrouvé »  ne m’avançait pas à éluder le mystère. Fallait donc y plonger mes yeux pour me faire ma propre idée.

Fred Uhlman y narre son enfance à Stuttgart sous le prénom de Hans. Rien de particulier ne se passe dans sa vie jusqu’à l’arrivée d’un nouvel élève dans sa classe, Conrad. Ce dernier nourrira l’imagination de l’auteur qui essaie de gagner son amitié et de séduire ce garçonnet, issu d’une lignée de chevaliers. La douce amitié décrite par Uhlman a quelque chose de poignant et de fort … Jusqu’à flirter avec les fondements du sentiment amoureux. La description de ce sentiment pur et profond avec ses lots de joies sobres et de blessures est l’essence du roman. A tel point, qu’ à un moment ou à un autre, le lecteur se demande s’il peut prétendre à une amitié semblable à celle décrite par Uhlman.

Passé l’essentiel de l’histoire, et pour les curieux des fins, la guerre séparera les deux adolescents et Hans sera affecté par le ralliement (bien que partiel) de Conrad aux idées hitlériennes puis par le décès de son ami ayant comploté contre Hitler. Le roman bien qu’autobiographique, on ne saura démêler le vrai de l’imaginaire : Peut être que Hans (donc Uhlman) voulait laisser à l'histoire une image positive et glorieuse de son ami qui jadis, ne l'a pas soutenu quand il était persécuté par ses camarades de classe pronazis.

Si vous avez quelques cordes sensibles à votre âme, le livre vous plaira. Et pour en revenir à mes impressions peu engageantes du début, je dirai (en reprenant une citation) qu’ un beau noyau gît parfois sous une piètre écorce.

Merci à Eva, une femme bien allemande et bien sensible, qui m’a prêté le premier livre qu’elle a lu en français.

DNR

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19 juin 2011

Where is the new in the old constitution ?

Pour bondir brièvement sur l'actualité et non des moindres, à savoir le projet de la nouvelle constitution marocaine, je ne voterai pas le 1er Juillet. Je ne boycotte pas le référendum, mais autant que RME je ne sais pas si les consulats (auxquels on va à reculons quand on a besoin d’un torchon malheureusement vital) ont prévu d’organiser quelque chose dans ce sens. En plus je pense que je dois être d’astreinte (encore). La situation est donc réglée.

Quant à la proposition de la constitution, contrairement à l’enthousiasme euphorique des médias français (à se demander si les éclairés sont aveugles) je n’y vois rien d’une monarchie parlementaire. Dans ce projet,  la monarchie se revendique encore comme une monarchie constitutionnelle traditionnelle (ou est donc le changement ?).  L’exécutif reste entre les mêmes mains. Maintenant reste à savoir si les marocains (conscients ou inconscients) veulent troquer un livre contre le même livre mais avec une couverture différente ?

Le seul vrai changement, est la reconnaissance (enfin) de l’amazigh comme langue officielle, au même titre que l’arabe, langue du coran. Il ne s’agit en effet que de ce que les grecques dérivaient comme une onomatopée, mais qui matérialise la reconnaissance (enfin officielle) de la culture amazigh. Quand tu es élève bérbérophone et que tu apprends à coups de bourrage de crâne à tes cours d’éducation nationale «Le Maroc est une monarchie dont la religion est islam et  la langue officielle est l’arabe » tu te demandes, enfant,  sans vraiment le formuler, où suis-je moi, mes parents et mes ancêtres dans cette constitution ? Les bouquins que le ministère de l'éducation nationale édite ne sont-ils pas un moyen de propagande ?

La riche histoire des premiers habitants de l'Afrique du nord ne se résume pas à leur langue mais à une petite échelle cette reconnaissance est importante.

Je fini avec un petit bijou musicale tout ce qu'il y’a d’amazigh en mode moderne. ICI. Bonne écoute

DNR

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18 juin 2011

Le droit reste courbe

Il était une fois, une contrée pas si lointaine que ça. Qui a fait sa révolution sanglante pour enfanter des valeurs pas si connes que ça. Dans cette terre d’égalité, un petit sultan régnait, aidé par des vizirs pas si intouchables que ça. Thémis gardienne de la justice, avec ses yeux bandés, ne distingue ni ceux qui sont à l’abri du besoin ni les sans-abris, ce qui n’est pas si con que ça.

Dans une cité de ce royaume, une vizir accompagna sa fille au souk pour acheter quelques tissus de quoi se couvrir le corps. De tous coloris, de tous continents, de tous styles et de toutes les coupes, les étales s’enorgueillissent de ce qui deviendra demain des haillons. Les nanas qui aiment le shopping ce n’est pas si récent que ça. Une marchande lança à ses copines quelques propos sur la garde rapproché de la dignitaire, ce que la vizir pris pour une insulte. L’histoire ne pris pas fin ici. Là où un blâme aurait suffi, l’employée fut virée du souk. Ce qui n’est si cool que ça.

La contrée des droits (plus si sûre que ça), était le théâtre de ce conte ou un vizir chargé de la formation professionnelle est à l’origine d’un licenciement. Cela rappelle un antécédent, celui du petit sultan, qui avait jadis insulté un citoyen qui ne voulait pas lui serrer la main. Ni excuses publiques ni remords ne s’en suivirent. Thémis n’est plus impartiale au vu et au su de tout le monde, ce qui n’est pas si normale que ça.

DNR

Décryptage : Lieux : Nancy, le souk : magazin Printemps, la vizir : Nadine Morano, Petit sultan : Sarko

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13 juin 2011

Le 3éme sexe

Ni homme ni femme ni gay ni eunuque ni travestis. Certains sont carrément émasculés, d’autres encore membrés, soit parce qu’ils ne sont pas prêt à passer le pas soit par manque de moyens financiers (c’est que ça coute une petite bagatelle de s’en défaire). Ces intergenres qui ont toujours existé (tant que l’humain existe tout coexiste, il suffit de voir), vivent en groupes pour mieux résister aux assauts de la société indienne (les réflexes sociaux sont valables partout).

La quête du pain déjà dure l’est encore plus pour eux. Certains vendent sans complexe ce corps d’homme féminisé à outrance. D’autres dansent pour quelques roupies ou mendient en menacent de lever leurs saris sur leurs entre jambes déformée par le scalpel (à moins que ça soit un couteau ou des ciseaux). Les hijras, tel est leurs noms … attirent, l’attention, le regard, le questionnement, ma curiosité. Et non des moindres, attirent les hommes. Entre soutiens gorges et pinceaux, le 3éme sexe se revendique sensuel au féminin avec une liberté sexuelle au masculin.

Pour vous imprégner de l’ambiance, immersion totale dans leur monde avec Arte. Vous n’avez que 7 jours pour revoir le reportage « des saris et des hommes » Ici avec en l’occurrence the most (je ne sais si je dois employer le ou la, usons donc d’une langue asexué) célèbre hijras d’inde Lakshmi Tripathi qui emploie, en fin de reportage, des mots simples et précis pour décrire sa vie.

Et comme il est coutume (ce soir, ça me soule les us) de finir par les questions qui me taraudent (depuis que j’ai appris que le XXY existe, je m'en mêle les pinceaux avec les différents sexes revendiqués par les gens) résumons en une seule question : L’identité sexuelle est-elle biologique ? Psychologique ? Intellectuelle? Sociale ? Pour ceux qui ont un parcours normale (toi qui lis, l’autre qui parcours en coups de vent et moi qui te parle), nés d’un sexe déterminé, élevés autant que tel et épanouis dans le X ou le Y, les choses sont simples. Et pour les autres ? Y-a-t-il des autres ? Qu’est ce qui fait que c’est des autres ? Qu’est ce qui fait qu’on est homme ou femme ou ni l’un ni l’autre ? Est-ce des questions utiles? Est-ce que je ne ferais pas mieux de chercher Morphée au lieux de chercher des réponses ? C'est que j'ai un jardin à désherber ce matin !

DNR

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25 mai 2011

Misez métèque, il rapporte

 - Le courrier international vient de publier un article controversé. Le titre aguicheur « Les très bons comptes de l’immigration » ne laisse pas indifférent. Reconnaissant pour les uns vu une très faible littérature dans ce sens, pure ragot pour les autres qui n’envisagent aucune contribution positive de l’immigration à l’économie française.

 Ainsi et selon une étude lilloise menée sur les chiffres de 2009, l’immigration  rapporte 12,4 milliards d'euros à la France. Ce chiffre rapporté au déficit budgétaire français de 2009 représente 8,9% (déficit à 138 milliards d’euros). Et si on le rapporte au déficit budgétaire optimiste voté pour 2011 (91,2milliards d’euros), il représente 13,6%.

 En détail, cela donne ceci :

  •      Les étrangers ont couté à l’état 47,9 milliards d’euros :

- retraites 16,3 milliards d’ €

- aides au logement 2,5 milliards 

- RMI 1,7 milliard

- allocations chômage 5 milliards 

- allocations familiales 6,7 milliards 

- prestations de santé 11,5 milliards 

- éducation 4,2 milliards.

  •     Les étrangers ont rapporté à l’état 60,3 milliards d’ € :

- impôt sur le revenu 3,4 milliards d’euros 

- impôt sur le patrimoine 3,3 milliards 

- impôts et taxes à la consommation 18,4 milliards 

- impôts locaux 2,6 milliards 

- remboursement de la dette sociale et contribution sociale généralisée 6,2 milliards

- cotisations sociales 26,4 milliards

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Disons plutôt qu'elle rapporte 60 milliards

 Selon la même étude, les immigrés exercent les métiers que les autochtones ne veulent pas, ce qui ne concorde pas avec les récentes déclarations de François Baroin « La France n'avait pas besoin de maçons immigrés, car elle disposait de la ressource nécessaire »

 - Ce qui est surprenant, c’est que ce chiffre de 12 milliards ressort dans une autre publication. En effet, un audit parlementaire datant du 11 mai 2011 déclare que « globalement la contribution au budget des administrations publiques des immigrés, en 2005, était positive et de l’ordre de 12 milliards d’euros. (…) Si on ramène ça par immigré, grosso modo la contribution nette d’un immigré, en 2005, était de 2 250 € alors que celle d’un natif était de 1 500 € » [page 67 de ce rapport]. (Les données sur le PIB sont citées pages 69 et 70). Ce qui donne matière à réflexion.

 - Bien qu’il ne s’agisse pas d’une même étude et donc une méthodologie de travail différente, peut-on nous aventurer et remarquer qu’il existe une progression de la recette migratoire qui est passé de 12 milliards en 2005 selon l’audit à 12,4 milliards en 2009 ? A prendre avec précaution bien sur mais à noter tout de même.

 - Dans le même registre positif, le conseil d’orientation des retraites avaient déjà déclaré en 2010 qu’ « augmenter les entrées de 50 000 personnes par an réduirait le déficit des régimes de retraites d’un demi-point de PIB »

 En conclusion, aux défenseurs de « la préférence nationale » (terme outrageux, dont l’existence même dans le vocabulaire politique d’un pays qui prône l’égalité ne semble choquer personne) et à une certaine droite pusillanime qui se range du coté des Lepéniste pour séduire l’électorat FN, trois chiffres sont à retenir : 12,4 milliards d’euros de « recettes migratoire », 2250 euros par « tête immigrée » contre 1500 pour une « tête autochtone ». Comme le dirai Fox Mulder, la vérité autour de l'immigration est ailleurs que dans les slogans FNiste et des déclarations politiques de la droit.

 DNR

                                En effet, ouvrons les yeux

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01 avril 2011

Conversation vénusienne

Les deux créatures sirotaient une liqueur d’un gris douteux dans laquelle flottaient des vermicelles en mouvement. Ils regardent au loin la planète bleue d’un l’air de glandouille mais ils cogitent sur le devenir de l’homme.

-          Il parait qu’ils s’entretuent encore.

-          Et pourquoi le sang coule-t-il cette fois-ci ?

-          Toujours les  mêmes raisons. Les uns se battent pour la liberté et rejettent les symbioses imposées, les autres veulent garder le pouvoir, certains récupèrent le liquide noir, et les ravitailleurs arment tout ce beau monde pour une poignée de papier imprimé de la tête de Lincoln. C’est comme la savane, chacun son met.

-          J’ai ouïe dire qu’ils ne paniquent pas à cause des fusions nippones et même la bourse ne plonge pas.

-          Leurs têtes de pyramide jouent des médias comme des marionnettes.

-          Y a pas à dire, c’est des vaches à lait !!

-          Oh, ils sont chargés comme des mulets par les exigences de leurs vies.

-          Moi ce qui m’étonne, c’est qu’avec tout cela, ils trouvent le temps de se détester.

-          Des lepenistes qui surfent sur la vague ça a toujours existé. L’autre c’est l’enfer disent-ils. Cela dit c’est inquiétant pour leur avenir.

-          D'ici là, ils seront rodés pour la guerre, ils s’entrainent tout le temps, depuis l’aube des temps.

-          Je te trouve injuste envers cette espèce, j’ai de l’empathie pour eux.

-          Notre espèce compte quelques individus, la guerre, la haine, les querelles énergétiques, les impôts sont du luxe qu’on ne peut se permettre.

-          Certes, ils prolifèrent d’une façon lapinesque et ils se cherchent des poux au lieu vivre en harmonie mais je te signale que c’est la seule espèce qui peut pleurer, et ça, ça me touche.

-          Ce serum salé qui coule de leurs yeux !! Werber avait raison, ils ne sont pas étanches, ils coulent de partout, et de diverses couleurs, d’ailleurs les femelles sont moins étanches que les males.

-          Notre hermétisme nous dessers, ne dois-t-on pas nous tailler la chaire pour évacuer ce jus et garder cette vermicelle dans nos corps ?

-          A 326 ans et à force de boire, je ne sais plus ou me tailler mon ami.

 Les deux créatures se taisent brusquement et chacune plonge dans ses pensées .. hermétiques.

DNR

 

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30 mars 2011

Le géant modeste

En proie à une vilaine hypotension, mon corps flottant traine ces cinquante kilos d'une journée à l'autre sans pouvoir créer. Je me force ce soir à aligner des mots et raconter une histoire parmi celles que j'emmagasine dans un taku tsubo et qui ne demandent qu'à vivre en dehors de ma mémoire.

Sans simagrée, l’homme géant de taille et d’exploits, pénétra la salle avec des pas fermes et assurés. Le dos courbé par 86 années d’âge qui n’ont pas entamé une carrure semblable à celle de Yann Torpe, le professeur impressionnait. Je ne l’avais à vrai dire jamais vu, son illustre nom me parlait plus que la vie qui se cachait derrière. Pourtant je le reconnu …  instantanément … comme s’il était inscrit dans mes gènes de reconnaître la légende vivante de la chirurgie cardiaque.

J’accompagnais sa svelte silhouette d’un regard tout d’abord tendre puis admiratif. Rétrospectivement, l’affection que je lui porte m’est inexpliquée à ce jour. Je cherchais avec curiosité les traits de ce visage dissimulé par la lordose qui l’oblige quelque peu à baisser le regard. Le visage étant le reflet de l’âme, je scrutais, avec un intérêt intuitif, ce visage zen et apaisé, duquel se dégageait un sourire marquant … à la fois contenté et triomphant de la vie. Tel était l’essence de cette âme, me dis-je.

Ce montre de modestie, souriait en réponse aux éloges flatteuses largement méritées, que l’orateur usait pour présenter celui qui n’a plus besoin de l’être.

De la mémoire Cabrolienne, surgissaient tour à tour Lillehei, Shumway et Barnard le sud africain. Ces pionniers des années soixante, racontés par ce pont vivant, nous semblaient proches et actuels. Le sourire inaltérable, il fit son cours et s’éclipsa avec l’humilité des grands dont le nom seul fait la renommée.

DNR

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20 décembre 2010

Transsexuel au théâtre

Sous le son enroué d'une contrebasse j'étais comme hypnotisée devant cette scène minimaliste au décor épuré où JC Dreyfus interprétait avec excellence une Marie-Pierre, jadis Jean-Pierre, rejetée par un père qui voit en son fils l'infâme, aveugle de la femme qu'il tient à être. 

Aux premières minutes de la pièce, j'étais en proie à des déformations professionnelles : le transsexuel se déplaçait avec difficulté sur ses talons aiguilles noirs et je redoutais un fracture qui gâcherai mon samedi soir (pour une fois que j'ai le temps d'aller au théâtre). Au bout de quelques phrases de son monologue, haleté, Dreyfus retira son foulard vert et se tint la poitrine, je cru, au vu de son surpoids qu'il faisait un infarct, et je me voyais déjà sur les planches lui conférant des soins. Tout accident médical écarté, je profitais enfin du spectrale et je buvais littéralement les paroles de ce personnage transidentitaire qui relatait son histoire, de longs dialogues avec son paternel, dans l'appartement familial ou dans le Monoprix ce jour de Mardi (d'où le nom de la pièce) dans un monologue à deux voix, l'une retenue féminine, l'autre masculine à outrance inspirée du coffre de voix de Dreyfus au grand gabarit, toujours sous le son de la contrebasse menée à merveille par un musicien svelte au torse demi dévoilé avec qui Dreyfus interpéte, ponctuellement, des duo silencieux.

Ayant assistée à la dernière de la saison du "Le mardi au Monoprix" je vous propose la bande d'annonce en guise de maigre consolation  here.

DNR

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11 décembre 2010

L'injustice des sexes

Pourquoi suis-je née femme? Pourquoi suis-je le X au lieu du Y? Pourquoi favorise-t-on l'homme au détriment de la femme? En quoi un utérus et des ovaires sont inférieurs à un phallus? Les neurones de l'un sont-ils inférieurs à l'autre? De quel droit favorise-t-on un être au détriment d'un autre? Pourquoi ce dernier bastion du machisme bétonné, à demi avoué mais bien réel m'est encore hermétique ? Je n'ai pas les codes qu'il faut, je n'ai pas les couilles qu'il faut, je n'ai pas le sexe qu'il faut et je finirai par ne plus avoir la motivation qu'il faut. "Handicapée" de ma féminité à défaut de virilité, œstrogénique au lieu d'être testostéronique, doublée d'une non Françoise car bien africaine, et bien, misogynes de la dernière glaciation you piss me off.

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09 décembre 2010

Escargot, Berlingo

Dans la salle de bain, actrice devant une foulée de produits de beautés de tout genre, je demandai amusée à mon interlocuteur imaginaire (le temps d'une écriture) "l’escargot" : Bave bave, dis-moi qui est la plus belle? L'escargot  me regarda d’un œil scrutateur, dans le royaume de cette demeure, je ne vois que toi qui puisse prétendre à ce titre ma très chère répondit le mollusque. Un bref silence s’en suivit et la bête obséquieuse,  m’ayant brossé dans le sens du poil, enchaina rassurée de ne pas devoir imaginer sa propre épitaphe funéraire au pied d‘un plat culinaire. Bien qu’aucune ombre ne te fasse concurrence, je vois de la dysidrose et des séquelles de grattage sur tes mains très chère. Je n’oserai insinuer que tu es galeuse reine de cette demeure. L’atopie est ton excuse. Et les corticoïdes ton électuaire. Je te propose ma reine (le bête d’un tour de langue me complimenta encore), un remède fait de mes propres mains, mes propres secrétions sont au service de tes mains désquameuses. Ma bave d’escargot est un baume cicatrisant. J’en bavais presque de dégout, à l’idée de m’enduire de cette mousse douteuse que le mollusque, bien que flatteur, crache à toute offensive avant de se terrer dans sa fragile forteresse de coquille. Fidèle sujet, ton écume m’indispose, mais si elle est contenu dans un pot je veux bien faire l’effort d’omettre qu’il s’agit bien de ton mucus, produit dans tes viscères de bête.  Si l’idée continue à me tenter, je m’offrirai à Noel, un de ces pots que tu as enfanté. Mais saches que si ta bave trahi ses promesses, c’est à l’ail et au beurre que je te ferai servir à mes convives pour nourrir leurs papilles et soulager leur dents de la corvée de te marcher. Je me retire de ce pas dans mes appartements ma très chère pour produire mon électuaire qui ne saura être un ersatz. Et si ma bave n’embellit point tes mains, je serai ravi de finir dans la panse de tes hôtes que je réchaufferai en ce temps hivernal.

M’achèterai-je une crème à la bave d’escargot ? D’ici la fin de l’année je le saurai.

DNR

zug

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15 novembre 2010

Jamais trop tard pour être malade

Fraîchement débarqué de chine, Yirua manquait à l'appel ce jour là. Une vilaine maladie infantile, boutonneuse, prurigineuse et fortement contagieuse l'oblige à s'isoler dans sa chambre d'internat. A 27ans, il fait enfin sa varicelle  ... Lui qui n'est en contact qu'avec les sexagénaires du service. La source de contamination restera un mystère. Sans antihistaminique, il a passe ses nuits à se gratter comme un galeux, incontrolablement, jusqu'au sang? Le prurit est terrible, croyez-en mon expérience, toujours actuelle. Yirua prend sa mésaventure avec le sourire "impassible" de tout chinois voyant le bon côté des choses : il n'est jamais trop tard pour faire sa varicelle. A bon entendeur.

DNR

chn

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13 novembre 2010

Les milles et une façon de déféquer

Trouvaille fortuite lors d'une flânerie vespérale dans le coin littéraire d'un magasin qui prône la nature, le titre inopiné de ce livre m'a tout de suite tapé dans l’œil. Un intitulé insolite, qui réveille ma curiosité lassée de ces heures de shopping en ce samedi métropolitain. Serait-ce une littérature intéressante ou juste un banal feuilleté au titre accrocheur? Que les âmes constipées et strictement littéraires m’excusent d'avance de la vulgarité du verbe qui est contenu dans le titre «Comment chier dans les bois ?» Rien que ça ! Je me suis dite tiens, l’auteur veut nous réapprendre l’éducation de la selle -si vous me le permettez- celle que nous bipède franchement « cervelés » (dans le vrai sens du terme) avions désappris au cours d’années de civilisation pour nier le bipède préhistorique que nous étions. Pour être humoristique, je dirai que le titre m’inspire une nouvelle chronologie du monde : il n y aurai pas d’avant ou après Jésus Christ, ni d’avant ou après la limonade comme cité dans le livre poignant «Cellule n°10» (lecture très difficile émotionnellement celui-là), mais avant et après la latrine, et à ce jeu les nippons devancent le monde.

Est-ce que le contenu de ce livre m’intriguera autant que la question qu’il pose ? En attendant, le guide de la défécation écolo repose sur ma table de chevet en espérant avoir du temps pour une lecture pourquoi pas exotique.

DNR

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