Sous la chaleur intense, sa silhouette se distinguait, fraiche, dans la lourde atmosphère. Sur sa chaise longue verte, dans ce balcon qui donnait sur une surprenante vue lacustre. Il était là, beau avec tout ce que peut faire imaginer la splendeur du mot, tout simplement entrain de lire le livre qu’il a acheté la veille. Il semblait happé par le récit de ce psychiatre qui cherchait le bonheur, à son image certainement, il pense l’avoir trouvé, c’est à ces moment de la vie que l’on se pose ces questions tortueuses, dangereuses, insécurisantes, fondamentales et philosophiques tel que : qu’est ce que le bonheur ? Un couplet de ride du lion couronnait son front. Sous cette mimique de curieux, il n’était plus là mais en Colombie avec Hector, le héros de son roman. Je remarquais un grain de beauté sur la plante de son pied droit qui le rendrait encore plus familier et précieux.

Non loin de là, le jardin bien entretenu de l’esplanade, jardin auquel il jetait de temps à autre des regards profonds, sans vraiment voir cette balançoire animée par un garçonnet, sans doute blond, une progéniture germanique, tout ce qu’il y’a de mimi et innocent. Ces cris juvéniles et gais lui rappelaient son désir, récent, devenu ardent, de devenir père.

DNR