Saturée en cette moitié de juin, de ma sensibilité, de ma dureté, de ma solitude, des encéphales vides, de ces vies superficielles, de la constance de la logique masculine occidentale, de l'anergie, de la bêtise humaine, de la pénétrance de ces gènes de prédiction de mortalité précoce accroissant les risques cardiovasculaires dans ma famille et je sais désormais que je n'y échapperai pas. Saturée de ces idées embryonnaires qui naissent par milliers dans mon cerveau à un rythme effréné sans qu'elles ne voient le jour de leurs accouchements souvent imminent. Telle une éponge, mais vertébrée terrestre, qui aime rester sèche et à jour, à ce jour, j'ai absorbé ce qui commence à
me gonfler et titiller les limites de l'insupportable et de l'irritant. Imbibée de l'indésirable qui pollue le désirable, marre de gober les bobards des gens effrontés, je me retire un temps indéterminé, le temps de la réflexion rapide mais profonde, le temps de passer à d'autres choses, le temps de redevenir une femme banale qui pense banal.

DNR

[A la mémoire de tous les membres de ma famille, jeunes ou âgés, décédés d'infactus ou d'AVC. Une pensée aux vivants porteurs de cardiopathies plus ou moins avancées]


esth

Il est temps de lever le pied ... le gauche, pourquoi pas.