17 juin 2009
Il est temps de lever le pied
Saturée en cette moitié de juin, de ma sensibilité, de ma dureté, de ma solitude, des encéphales vides, de ces vies superficielles, de la constance de la logique masculine occidentale, de l'anergie, de la bêtise humaine, de la pénétrance de ces gènes de prédiction de mortalité précoce accroissant les risques cardiovasculaires dans ma famille et je sais désormais que je n'y échapperai pas. Saturée de ces idées embryonnaires qui naissent par milliers dans mon cerveau à un rythme effréné sans qu'elles ne voient le jour de leurs accouchements souvent imminent. Telle une éponge, mais vertébrée terrestre, qui aime rester sèche et à jour, à ce jour, j'ai absorbé ce qui commence à
me gonfler et titiller les limites de l'insupportable et de l'irritant. Imbibée de l'indésirable qui pollue le désirable, marre de gober les bobards des gens effrontés, je me retire un temps indéterminé, le temps de la réflexion rapide mais profonde, le temps de passer à d'autres choses, le temps de redevenir une femme banale qui pense banal.
DNR
[A la mémoire de tous les membres de ma famille, jeunes ou âgés, décédés d'infactus ou d'AVC. Une pensée aux vivants porteurs de cardiopathies plus ou moins avancées]
Il est temps de lever le pied ... le gauche, pourquoi pas.
19 avril 2009
Insomnie
L'horloge affichait fierement cinq heure du matin. La matinée dominicale était née et s'avancait .... d'une régularité affligeante.... inexorablement vers l'aube. Les lumières éclairaient de leurs faisceaux pour résister à l'ombre nocturne. Le flux nerveux qui parcourait mes neurones ne semblait pas vouloir s'arrêter quelque part dans cet encéphale en éveil. J'entrainais avec moi, dans mon insomnie, les appareils suseptibles de capter une quelconqu' onde hertzienne. La musique sollicitante qui s'échappait de la télévision entretenait l'état d'éveil de mon esprit déjà alerté. Quant au transistor, il diffusait des mélodies rteliennes entrecoupées par des décibeles humaines, qui me reliaient au monde, en temps réel. J'étais en proie à une envie folle de faire couler de l'encre, de noricir des pages, de fistuliser ses idées, envahissantes, qui foisonnent en moi telle une forêt de varech ... Au bout de quelques lignes pourtant encourageantes, ces envies de création, naives, impersonnelles et désinteressées se trouvent avortées ... sans recours à la RU 486. Quel était la nature de cette vilaine carie qui me rongeait de l'intérieur ? Une incisive ? Une canine ? Peut être juste une molaire ou même ma seule dent de sagesse ? ... Aprés quelques minutes de réflexions stériles, je sens la fatigue gagner enfin les muscles de ce corps infatiguable. Mon cerveau, ralenti, suivra, lentement mais surement cette tendance léthargique oh combien salvatrice. Le jour perce les nuages et des oiseaux célèbrent joyeusement avec moi l'arrivée tant attendue de cette lassitude physique et cérébrale. Morphée est comme la femme que je suis, il sied de ne pas le faire attendre ...
(Pour ceux qui n'ont pas compris, je n'ai de carie dentaire que mon mail, il s'agissait d'une métaphore renvoyant vers des problématiques insidieuses sans noms de celles qui vous empêche de dormir)
DNR
23 janvier 2009
Mais where is Brian?
Parisienne pour quelques heures encore en attendant de retrouver la profonde lorraine. Mes soirées sont bercées par les douces mélodies vespérales de piano que joue le voisin du dessus. Quant à mes nuits, elles sont rythmées par les spasmes œsophagiens qui se chamaillent avec quelques cauchemars bien désagréables dont les sujets jalouseraient les auteurs de thrillers les plus émérites.
Vivant entre la lorraine et le Luxembourg un roman que je pourrai intituler « la jupe et les quatre paires de jeans ». Lassée des TGV .... de la capitale du monde .... de celle de l’Europe et .... des gardes.
Maintenant que le décor vous est planté (il parait que planter sauverai la planète) , j’annonce que j’ai perdu mon légendaire pep’s, je vous invite « amoureux de la patate et de la pêche » à cette réflexion incongrue à laquelle je n’ai plus de réponse :
Qu’est ce que le bonheur ? ….. Mais where is Brian ? Is he really in the kitchen?
DNR
25 juillet 2008
Réflexions en fin d’astreinte
Avec d'interminables et longues journées de boulots au compteur
À vouloir que les journées durent plus de 24 heures pour fignoler son travail
À vouloir que l'horloge du temps s'arrête pour passer plus de temps à "penser" au néant
À vouloir faire de son lit son nonchaloir préféré
À faire du CHU sa résidence principale 15 jours de chaque mois
À avoir des journées de travail pas possible à gérer des urgences pas possibles
À quitter les dancings de Stanislas aux levers des matins
Elle ne cesse de cogiter à ce qui se cache derrière la forçat de travail qu’elle est devenue, à l’initiée aux joies de la vie qu’elle se découvre être
La balance qu’elle est semble apprécier l’intensité des paradoxes
Quand soudain, la réflexion de Louis Scutenaire lui est salutaire
« Un grand travailleur est un pauvre diable qui s'ennuie »
Elle cessa brusquement de penser et décida de rentrer enfin chez elle, en fin d'astreinte, savourer l'inertie du temps
DNR




