Viens me voir, la nuit est mon territoire,
Viens reprendre ta place dans mon boudoir,
Reviens ! Rapplique ! Pour te poser sur tes accoudoirs,
Sinon je viens de te chercher par les mâchoires,
N’es-tu pas las de te taire et fermer tes couloirs,
Aux idées qui fusent, gamberges et autres cognitives délectations comminatoires ?
Viens donc, qu’on retrouve la souris et le griffoir,
Au creux de la nuit, planons par nos encéphales, nul besoin de se mouvoir,
Détissons l’acquis puis reconstruisons armés de bon vouloir,
Pour le plaisir égoïste de malmener les assertions tous les soirs,
Remonte des abysses dans lesquelles tu t’es laissé choir,
Aboule donc des fonds ! Fait enfler tes vessies natatoires,
Ah ! Tu t’es juste perdu dans la gare entres les comptoirs,
Sors ! Demande ton chemin aux quidams sur les trottoirs,
Quoi ? Tu es retenu au fond d’un tiroir ? Entre bagues et sautoirs ?
Que fais-tu donc entre mes féminins accessoires ?
Aih ? Tu es tapie dans le terrier d’un loir ?
Quoi encore ? Tu es otage d’une tour en ivoire ?
Que cries-tu là ? Tu combats au colisée pour la victoire ?
Jamais à court de bobards ... Tu sors tes téfilines des armoires ?
Tu parcours les midrashs pour comprendre l’histoire ?
Ou tu palabres dans un hémicycle de la crise spéculaire ?
Immobilière ta crise ou migratoire ?
Ah tiens ! Des bourgeois t’ont adopté par manque de hoirs ?
C’est pour ça que tu arpentes ce manoir,
Tu ne me prendrais pas des fois pour une poire ?
Avec tout tes récits aliénés et ambulatoires,
Aboule ! Ta compagnie me chaut avant le dortoir,
Je promets, il n y’aura ni riotte ni phrasé accusatoire,
Entre nous, nulle apologie n’est obligatoire,
Reviens me voir, la nuit est notre territoire,
Comme jadis, escortons-moi bien après le bonsoir,
Discutons intensément jusqu’au rai à entrevoir,
L’humain a besoin autant du boire que de secouer le savoir,
Reviens me voir, la nuit est notre territoire.
Ne nous quittons plus, ne nous laissons plus choir.

DNR

lmp