Dans un sauna dont les degrés avoisinaient les nonente, les vapeurs relaxantes devenues étouffantes me chassaient des bois. La myopie m'avait plongée dans un impressionnisme choisi, dans ces dédales boisés. Et oui, de mes deux mains sensées pas gauches, je demeure incapable de mettre des lentilles. Dans les couloirs … là et ça … là ou d'autres avançaient tête haute et bedaine en avant sans vétilles,  je marchais tel un octogénaire de peur de choir, miraude (par choix) et pétrie (de force) de précautions dont la référence manque terriblement de sérieux  (une publicité marocaine des années 80 montrant une femme qui glisse sur un sol imbibé d’eau en faisant le ménage).

 Les nu(e)s de Degas déambulaient … partout … de partout … dans une routine qui ne semblait paradoxalement pas léser les convenances mais que j’étais seule à trouver exceptionnelle. Ainsi, gros, vieux, fripés et autres êtres, dépourvus d’apparats de circonstance, étaient eux-mêmes … sans plus ni moins. La nudité nous apprend qu’une fois affranchie des complexes corporels, la suffisance et la satisfaction d’être modestement soi, sont des affaires d'âme et d'éducation. Dans une nudité impersonnelle, mon regard aveugle se frayait un chemin dans mon propre être. Ce qui jadis était exceptionnel fini, petit à petit, érodé par l'habtiude, par tomber dans la banalité. Ainsi, j’allais bientôt m’affranchir du poids, pourtant si léger d'un frac et d'un froc et oh combien lourd de la culture, accédant ainsi, à tort ou à raison, tout en restant une textile, à un autre niveau de conscience de soi et une autre philosophie, celle d'être librée de soi et des autres.

Quand on est bien dans sa tête on est bien dans son corps … et vice versa. Se relaxer de surcroit sous les Klimt d’un hammam allemand c’est encore mieux.

DNR 

sn