Il était là, debout, présomptueux, nous obligeant à lever nos yeux vers lui, nous intriguant quant à sa contenance. Des japonais aux sourires permanents se prenaient en photo avec ce monstre d’aluminium et d’acier qui luisait chétivement avec les rares apparitions de l’astre du jour. Excitée à l’idée de me laisser engloutir dans l’antre de la chose, patiente derrière la file qui confirme l’intérêt de l’endroit, je découvre l’intimité de la boule d’acier suspendue dans l’air, le couloir étroit, et le manque à voir. En un trajet de quelques mètres on a vite fait le tour de la question, et on rejoint en queue de serpent la file pour descendre sur terre. La concentration en oxygène dans ce « bocal à poisson » ne doit pas frôler des sommets, j’en avais des céphalées d’hypoxie. Tout ça pour ça me dis-je. Et en plus cette ineptie est payante. Puis on s’engouffra dans l’ascenseur salvateur dont la moquette sentait le chacal. On chercha vite la sortie dans le stand qui proposait outrageusement des miniatures du bâtiment qui a failli nous asphyxier. Mes poumons cherchaient au plus profonds de leurs alvéoles une bouffée d’air frais … Que c’est bon de respirer.

A postériori la visite n’en valait pas la peine, mais je me suis faite ma propre idée. Alors mon conseil, ne visitez pas l’Atomium à moins que vous soyez fana des espaces clos, saturée en dioxyde de carbone, et qui puent de surcroit.

DNR