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11 mai 2009

Elucubration dominicale

Soudain, en plein après midi du mois de Mai, il pleuvait des cordes. Les gouttes d'eau produisaient des symphonies brutes sur le volet de ma fenêtre, fermée en plein jour. Sortie de ma concentration, j'abandonnai des yeux l'énième film que j'engloutissais de la journée: "The dead girl" et je quittai mon lit où j'allais bientôt prendre racine, pour m'assurer que cette pluie n'était pas qu'une "ouïe" de l'esprit. En levant à peine le volet par quelques tours de manivelle, je vis un ciel devenu gris qui pleurait toutes ses larmes. L'asphalte du parking en portait les trace. Les canalisations qui traçaient des lignes sur le bâtiment d'en face regorgées d'eau. Au coin, deux femmes, debout, d'un âge incertain, scrutaient, avec le plus haut intérêt, les sacs poubelles déposés là par les riverains. Les gitanes au teint mat, ne semblaient pas agacées par les caprices du temps lorrain. Elles abordaient bientôt les objets de leurs convoitises. Une tsigane se saisit d'un sac noir que je reconnu immédiatement. C'était le malheureuse besace qui avait séjourné dans ma cuisine trois jours et que j'ai fini par descendre, par nécessité, à minuit passée (mon heure de gloire). La bohémienne curieuse tenait l'objet entre ses mains et semblait le peser (en professionnelle) pour évaluer l'importance de sa prise. Manipulé, le réticule me paraissait d'un coups léger alors que je dûs, la veille, déployer des efforts pour le porter dans l'ascenseur. La dame approcha le sac de son nez puis d'un coups le repoussa. Son regard se porta ensuite sur un carton (vestige de mon déménagement récent), elle l'examina sous toutes ses coutures avant de le reposer délicatement. Mes déchets ne semblait pas intéresser la manouche qui réexplora un autre carton, d'où elle sorti au bout de quelques minutes de recherche un objet luisant qu'elle regarda avec soin. Valait-il la peine d'être emporté? Semblait-elle se dire. La montre ou le porte clé trouvé (excusez ma myopie) fini par avoir les faveurs de la gitane qui rejoint son amie absorbée, de son côté, par une trouvaille intéressante. Puis les deux romanichelles disparurent derrière un mur. Je décidai d'épier d'autres scènes devant mon écran après mettre rendue compte que j'avais observé deux bonnes femmes alors que je n'observe d'habitude que les patients.

Le lendemain, en passant devant l'endroit de la scène, je découvris les sacs éventrés, laissant apparaitre des haillons colorés, des chaussures d'enfants et des boites en bois éparpillés ici et là. C'était donc ça le butin de la deuxième bohémienne. Parmi tous ces déchets, pas le moindre débris organique, ce qui confirmait la théorie d'un de mes anciens maîtres d'école : le degré de développement d'un pays est inversement proportionnel à la quantité de déchets organiques des baines à ordure du pays. A y regarder avec du recul, tous les sacs étaient à nus sauf le mien. Sacré besace organique !

DNR

Posté par tagumat à 17:26 - Fourre tt - Commentaires [0] - Permalien [#]

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